samedi 9 novembre 2019

A VOIR : MISÈRE DE L'INFO SCIENTIFIQUE DANS LES MÉDIAS DOMINANTS


"Astronogeek", c'est comme cela que se fait appeler le créateur du site du même nom, une "chaîne dédiée à la vulgarisation de l'astronomie" comme l'indique son auteur.

L'une de ses dernières chroniques nous intéresse tout particulièrement car elle s'attarde sur la manière dont certaines informations scientifiques sont traitées par les grands médias dominants.

En partant de deux ou trois exemples très significatifs (traitement médiatique du passage d'un astéroïde à proximité de la Terre, phénomène dit de "La lune sang" ou encore "noire") ce youtubeur sardon expose à quel point la vulgarisation scientifique dans les médias dominants se prête à la pire des désinformations sensationnalistes et au pire du journalisme de racolage !




La vidéo est à visionner sur ce lien : https://www.youtube.com/watch?v=SunIGKSeyE8
 

mercredi 30 octobre 2019

AGENDA NOVEMBRE

Des lieux associatifs et culturels lyonnais soutiennent régulièrement l'antenne d'Acrimed 69 en accueillant ses activités dans leurs locaux (MJC, librairie, cafés coopératives, cinémas de proximité, maison d'édition indépendante).
Nous relayons avec plaisir dans cet agenda plusieurs des évènements qu'ils organisent.

NOVEMBRE

Mardi 12/11

[ RENCONTRE- MEDIAS]

Bibliothèque municipale de la Part-dieu de 12h30 à 13h30

"Médiacités : l'investigation de proximité"
Rencontre avec Nicolas Barriquand, cofondateur de "Médiacités" et Rédacteur en chef à "Médiacités Lyon".

 « Mediacités » est un journal en ligne d’investigation implanté à Lyon depuis mai 2017 et présent dans 3 autres métropoles de province : Lille, Toulouse et Nantes. Ce journal indépendant publie chaque semaine des enquêtes inédites, menées localement. Il comble les lacunes d’une presse locale qui, à quelques exceptions près, se consacre peu ou pas à des sujets d’investigation et d’unepresse nationale qui signifie bien trop souvent presse parisienne. Mediacités reçoit d’ailleurs en janvier 2018 le « prix du contre-pouvoir contre les féodalités locales » décerné par l'association Anticor
Nicolas Barriquand évoquera avec nous le journalisme d’investigation et la construction d’une enquête aujourd’hui, mais aussi le financement d’un pure-player, la protection des sources, la participation des lecteurs…

Infos pratiques :  BML, 30 boulevard Marius Vivier-Merle, 69003 Lyon /tel : 04.78.62.18.00 /
Entrée libre dans la limite des places disponibles.


Mercredi 13/11

[ DEBAT- AMD]

Bourse du travail, salle Moissonnier à 19 heures

Rencontre avec Pierre André Juven, auteur avec Frédéric Pierru et Fanny Vincent du livre "La casse du siècle. A propos des réformes de l'hôpital public" (éditions Raisons d'agir).

Une soirée -débat proposée par Les Amis du Monde diplomatique de Lyon en partenariat avec ATTAC.

"Des couloirs transformés en hébergements de fortune, des personnels de santé au bord de la crise de nerfs, des mobilisations récurrentes, l’hôpital public est mis à rude épreuve. Ce livre propose une analyse des politiques hospitalières successives qui ont abouti à la crise actuelle. Une véritable casse de ce service public est engagée par des réformateurs adeptes de l’acculturation de l’univers médical à des logiques managériales qui contredisent son bon fonctionnement.
À l’encontre de toute évidence, les défenseurs d’une réorganisation du travail continuent de promouvoir à la fois des indicateurs de rentabilité ineptes et une vision techniciste de la médecine qui prétend substituer l’innovation aux relations humaines. Alors que la montée de la précarité et des souffrances sociales née de décennies de politiques néolibérales conduit une part croissante de la population à trouver refuge dans des services hospitaliers sous tension, l’hôpital se trouve devoir résister aussi bien aux manquements de la médecine de ville qu’à la concurrence de cliniques privées largement dispensées des obligations de service public. À l’heure où les mobilisations pour le défendre s’intensifient, un débat s’impose sur les missions de l’hôpital et les moyens qui lui sont accordés."

Infos pratiques : Bourse du travail, Salle Moissonnier : Place Guichard, Lyon 3ème /  contact AMD Lyon : catherine.chauvin@wanadoo.fr

Vendredi 15/11

[ CINÉ-DÉBAT- ACRIMED]

MJC de Sainte-Foy-Les-Lyon à 20 heures

Rencontre citoyenne : "Informer, désinformer : où en sont les médias français ?"
Une soirée débat organisée par ATTAC Rhône et animée par Pascal Chasson et Michel Granger de l'antenne lyonnaise d'ACRIMED.

La soirée sera précédée de la projection du film "Profession journaliste" de Julien Desprès




Infos pratiques : MJC Scène Marcel Achard, 112 avenue Maréchal Foch, 69112 Ste Foy Les-Lyon / tel : 04 78 59 66 71
Entrée libre
 

Samedi 23/11

[ RENCONTRE- MEDIAS]

Médiathèque du Bachut  de 16h à 18 heures.

"Le journaliste au cinéma"

"Personnage souvent intègre, il recherche la vérité, dénonce les mensonges, fait éclater les scandales. "Les hommes du président" d'Alan J. Pakula en est l'incarnation la plus connue.
A l’inverse, le journaliste peut aussi être partial, corrompu, dénué de tout scrupule, prêt à tout pour un scoop,  travestir la vérité voire même la taire, quand il ne va pas juqu'à intervenir pour changer le cours des évènements ainsi que le fait le personnage interprété par Kirk Douglas dans "Le gouffre aux chimères" réalisé par Billy Wilder."

Infos pratiques : Médiathèque du Bachut : 2, place du 11 novembre 1918, Lyon 8ème / tel : 04.78.78.12.12.
Entrée libre dans la limite des places disponibles


Mardi 26/11

[ RENCONTRE- MEDIAS]

Bibliothèque municipale de la Part-dieu de 12h30 à 13h30.

"Profession: photo-journaliste"
Rencontre avec Cyril Abad, photographe professionnel.

"Moins de 700 photojournalistes exercent en France et ce chiffre ne cesse de diminuer d'années en années. Le photojournalisme est une forme de journalisme qui allie l'image et le texte. Comme ses confrères, le photojournaliste professionnel se doit de restituer une information juste. Comment le photojournaliste conçoit-il ses reportages ? Qu'est-ce qui différencie une photographie documentaire d'une photographie artistique ? Comment le numérique a-t-il impacté le métier du photojournaliste ?"


Infos pratiques :  BML, 30 boulevard Marius Vivier-Merle, 69003 Lyon /tel : 04.78.62.18.00 /
Entrée libre dans la limite des places disponibles.


 Mercredi 27/11

[ CINÉ-DÉBAT- AMD]

Ciné Mourguet de Ste Foy-Les-Lyon à 20 heures
Projection débat du film L’illusion verte de Werner Boote.

Un ciné-débat organisé par les Amis du Monde diplomatique de Lyon  en partenariat avec 
Attac Lyon Sud Ouest, la MJC de Ste Foy et le Ciné Mourguet.

"Aujourd’hui, les industriels investissent beaucoup de temps et d’argent à « verdir » leur image : voitures électriques, huile de palme labellisée bio, ou encore produits issus du commerce équitable… tout est fait pour nous déculpabiliser et expliquer que nous pourrions sauver le monde en consommant ces produits. Une pratique dangereusement populaire nommée greenwashing ou éco-blanchiment. Mais si à défaut de sauver le monde, ces achats responsables ne faisaient qu’enrichir les multinationales ? Werner Boote et Kathrin Hartmann parcourent le monde pour révéler l’envers du décor."

Infos pratiques : Ciné Mourguet, 15 rue Deshay à Sainte Foy Les Lyon /  Tel : 04 78 59 01 46 / Accès : bus C19 arrêt Ste Foy Mairie ; bus 49, arrêt Ste Foy Châtelain / site internet : https://cinemourguet.com/

mercredi 16 octobre 2019

LIRE : "QUAND LE VOILE MASQUE LA DISPARITION DES OUVRIERS A LA TELE"

Samuel Gonthier, l'auteur du blog "Ma vie au poste" nous livre un remarquable article sur l'invisibilité médiatique du monde ouvrier à la télévision.

https://www.telerama.fr/television/quand-le-voile-masque-la-disparition-des-ouvriers-a-la-tele,n6471168.php

L'article souligne en particulier comment la quasi disparition d'un discours journalistique centré sur la question sociale a fait place à une surmédiatisation (bien plus profitable en terme d'audimat) de la question identitaire.



De ce point de vue, la nouvelle case TV accordée par la chaîne Cnews (groupe Bolloré) à l'éditocrate réactionnaire Eric Zemmour sonne comme la poursuite d'une banalisation inquiétante de la diffusion des idées d'extrême-droite à la télévision.

Lire aussi sur ce sujet l'article d'Acrimed : "Dans les talk shows : le poids des éditorialistes de la droite extrême et d'extrême-droite" : https://www.acrimed.org/Dans-les-talk-shows-le-poids-des-editorialistes


lundi 14 octobre 2019

A LIRE SUR INTERNET

Nous relayons ici deux liens d'articles très intéressants.

Le premier, issu du site BASTA !  nous éclaire sur M. Iskandar SAFA, le propriétaire milliardaire du magazine hebdomadaire  "Valeurs actuelles" et de ses relais économiques et politiques.
Moins connu que ses compères Drahi, Bolloré, Niel, Dassault et Lagardère... celui-ci n'en incarne pas moins les relations néfastes de dépendance économique et politique qui gangrènent le fonctionnement des médias.

"Le discret business du propriétaire de Valeurs actuelles, l’hebdo de référence de l’ultra-droite" :https://www.bastamag.net/Convention-de-la-droite-Valeurs-actuelles-Zemmour-milliardaires-qui-possedent-la-presse-Iskander-Safa-Privinvest-Arabie-Saoudite





Le second article, tiré du site "LES MOTS SONT IMPORTANTS" dénonce la réception méprisante d'une partie de l'éditocratie française aux discours et à la personne de Greta Thunberg, l'activiste écologiste.
Evidemment, ni Christophe Barbier, ni Pascal Praud ne sont bien loins pour participer à ce nauséabond happening médiatique...

"Greta et les têtes pleines (de merde)" : https://lmsi.net/Greta-et-les-gros-tas-de-merde


 

samedi 5 octobre 2019

SORTIE DE "MEDIACRITIQUE(S) N° 33

Un numéro pour se demander « Où va le journalisme ? », avec des articles inédits, des dessins de Colloghan et la Une de Fred Sochard, des rubriques, un nouveau format ! 

Le n°33 de Médiacritiques, notre revue trimestrielle, va sortir de l’imprimerie. À commander sur notre boutique en ligne (https://boutique.acrimed.org/m%C3%A9diacritique-s-n-33.html) ou à retrouver en librairie. Et surtout, abonnez-vous ! : https://boutique.acrimed.org/mediacritiques

 « Où va le journalisme ? » Telle est la vaste question que nous posons dans ce numéro, dont les articles sont, pour la plupart, inédits. Pris en étau entre la prédation des industriels (p. 4) et les attaques à répétition du pouvoir politique (p. 10), de saignées budgétaires en violences policières en passant par une série de lois liberticides, le journalisme et ses conditions d’exercice ne cessent de se dégrader, et la qualité de l’information avec (p. 22).
Une information verrouillée par quelques hauts gradés dominant les hiérarchies éditoriales qui, d’année en année, s’échangent les postes les plus en vue, jouant à qui sera le plus en lumière (p. 18). Une information rompue aux logiques de l’immédiateté et que la dépendance économique vis-à-vis des acteurs du numérique (Google, Facebook, etc.) ne cesse de fragiliser (p. 6). Une information, enfin, où l’enquête et le reportage ont majoritairement cédé leur place à la mode du « décryptage de l’actualité », dont la livraison express est assurée par des journalistes devenus communicants, et des communicants devenus journalistes (p. 34).
Dans ce paysage funeste, la galaxie des médias indépendants et leurs journalistes se battent partout pour remettre l’enquête sur le devant de la scène (p. 38). Un combat pour le droit d’être informé qui leur vaut, souvent, les aboiements des chiens de garde traditionnels, reconvertis pour l’occasion en garde-frontières de la profession (p. 29). Alors, que faire ? Si les discussions actuelles autour de la « déontologie » journalistique sont parfois surinvesties, elles ne sont pas inutiles (p. 41).
À condition de ne jamais perdre de vue l’horizon politique pour lequel milite Acrimed depuis plus de vingt ans : celui d’une transformation radicale du paysage médiatique, pour laquelle une large mobilisation sur le terrain des médias est plus que jamais nécessaire !





Ce numéro ne sera pas plus diffusé en kiosques que les précédents. Vous pourrez cependant le trouver dans quelques rares – mais d’autant plus précieuses – librairies lyonnaises listées ici :


Le Bal des Ardents
17 rue Neuve 69001 Lyon

Librairie Passages
11 rue de Brest 69002 Lyon

La Gryffe
5 rue Sébastien-Gryfe 69007 Lyon
 
Terre des Livres
86 rue de Marseille 69007 Lyon





Le 30 octobre 2011, un avis de naissance paraissait sur le site d’Acrimed. Notre magazine imprimé Médiacritiques poussait son premier cri. En huit ans d’existence, 32 numéros ont vu le jour, portant la même exigence, celle d’une critique radicale et intransigeante des médias, à travers différents thèmes : traitement des questions économiques, de l’extrême-droite, du sexisme, du racisme, de l’information internationale, des contre-réformes libérales, des violences policières, des mobilisations sociales… Collaborateur de longue date d’Acrimed, Colloghan a donné au magazine le visage que vous lui connaissez, celui qui rit jaune, acerbe et clairvoyant.

En 2011, sortir ce magazine était un pari, fondé sur la conviction que le papier ne serait jamais définitivement supplanté par Internet, sur l’espoir qu’une telle publication trouverait son public et sur l’idée qu’elle était nécessaire au combat d’Acrimed, association qui entend s’exprimer et agir collectivement sur le terrain de la critique des médias. Médiacritiques est l’un des outils militants grâce auxquels nous diffusons et partageons cette critique. Nous le vendons à la criée lors de manifestations, rencontres et fêtes militantes ; des bénévoles le distribuent sur des marchés et le promeuvent auprès des librairies.

Grâce aux salarié-e-s et aux bénévoles de l’association, grâce aux abonné-e-s et à toutes celles et ceux qui nous lisent, Médiacritiques résiste contre vents et marées, persévère depuis huit ans… et ne compte pas en rester là !

Ce numéro 33 marque un nouveau départ, mais sans chamboule-tout : une maquette rafraîchie, des rubriques inédites, l’arrivée de nouveaux dessinateurs, rédacteurs et rédactrices. Bref : le résultat d’un long travail collectif que nous avons la fierté de vous livrer aujourd’hui !

mardi 1 octobre 2019

AGENDA D'OCTOBRE

Des lieux associatifs et culturels lyonnais soutiennent régulièrement l'antenne d'Acrimed 69 en accueillant ses activités dans leurs locaux (MJC, librairie, cafés coopératives, cinémas de proximité, maison d'édition indépendante).
Nous relayons avec plaisir dans cet agenda plusieurs des évènements qu'ils organisent.

OCTOBRE

Mardi 08/10

[ RENCONTRE- MEDIAS]

Bibliothèque municipale de la Part-dieu de 18h à 20H
"Profession: journaliste"

Rencontre avec Olivier Guillemain, journaliste.

 Qu'est-ce qu'être journaliste aujourd'hui dans un contexte informationnel en mutation ? Éclairage par un professionnel sur la face cachée d'un métier aux multiples visages.

" La bibliothèque inaugure cette nouvelle saison de La Fabrique de l'info par une rencontre autour des différents aspects de la profession de journaliste. Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur une profession essentielle pour la bonne santé d'une démocratie : déontologie, diversité des métiers, difficultés rencontrées actuellement par les journalistes, notions d’objectivité et de neutralité, notions juridiques (liberté d’expression, protection des sources, diffamation) et méthodes de recueil de l’info. Comment se fait l'information à l'ère de "l'infobésité"? Pourquoi les journalistes ont-ils besoin de nous, plus que jamais ? Venez partager vos questions."

Olivier Guillemain est le directeur de l'association Entre les lignes. Cette association a pour objet l’animation d’ateliers d’éducation aux médias et à l’information par des journalistes bénévoles (l’AFP, Le Monde, l’Obs, Courrier International, Télérama) afin d’aider les jeunes à se repérer dans la « société d’hyper-information », de susciter l’esprit critique et de lutter contre la désinformation.

Infos pratiques :  BML, 30 boulevard Marius Vivier-Merle, 69003 Lyon /tel : 04.78.62.18.00 /
Entrée libre sur inscription : https://www.bm-lyon.fr/spip.php?page=agenda_date_id&source=326&date_id=14463


Mercredi 09/10

[ RENCONTRE- JOURNALISME SCIENTIFIQUE]

Bibliothèque municipale de la Part-dieu de 12h30 à 13h30
"A quoi sert le journalisme scientifique ?"

Rencontre-débat avec Olivier Dessibourg, journaliste scientifique.

Reconnaitre l’importance du journalisme scientifique dans nos démocraties semble plus que jamais nécessaire. Ce RDV média du cycle La Fabrique de l’Information, inscrit dans le cadre de la Fête de la Science, participe à sa valorisation mais également à la compréhension de ses particularités et de ses enjeux.

" De nombreux sondages montrent que le public s’intéresse aux sciences et aux technologies mais qu'il rencontre souvent des difficultés pour bien s’informer sur ces sujets parfois difficiles. Or, dans une société où la science et la technologie impactent l’économie, la santé, la géopolitique et surtout les équilibres des relations que nous entretenons avec les autres espèces, où des décisions politiques majeures ont une dimension scientifique et technologique réelle, la place du journalisme scientifique dans les médias est essentielle à plusieurs titres.
Il est un rempart aux pseudosciences, approches paranormales qui envahissent les réseaux sociaux sous couvert de contribuer au débats scientifiques.
Il contribue enfin à alerter l’opinion lorsque des gouvernements ne remplissent pas leurs engagements dans des domaines liés à la science.
Malgré ce rôle essentiel qu’il joue pour l’avenir de nos démocraties et alors même que les enjeux économiques et politiques des dossiers scientifiques et techniques viennent régulièrement bousculer les débats publics, la place tenue par le journalisme scientifique dans les mass médias reste bien limitée comparée à celle des du journalistes politiques, économiques, people ou même sportifs."

Infos pratiques :  BML, 30 boulevard Marius Vivier-Merle, 69003 Lyon /tel : 04.78.62.18.00 /
Entrée libre dans la limite des places disponibles.


Samedi 12/10

[ RENCONTRE- SOCIÉTÉ]

Librairie Terre des livres à 15heures

Rencontre avec Corinne MOREL DARLEUX à l’occasion de la parution de l’ouvrage Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce – Réflexions sur l’effondrement aux éditions Libertalia. 

"Notre société déborde de trop-plein, obscène et obèse, sous le regard de ceux qui crèvent de faim. Elle est en train de s’effondrer sous son propre poids. Elle croule sous les tonnes de plaisirs manufacturés, les conteneurs chargés à ras bord, la lourde indifférence de foules télévisées et le béton des monuments aux morts. Et les derricks continuent à pomper, les banques à investir dans le pétrole, le gaz, le charbon. Le capital continue à chercher davantage de rentabilité. Le système productiviste à exploiter main-d’œuvre humaine et écosystèmes dans le même mouvement ravageur. Comment diable nous est venue l’idée d’aller puiser du pétrole sous terre pour le rejeter sous forme de plastique dans des océans qui en sont désormais confits ? D’assécher les sols qui pouvaient nous nourrir, pour alimenter nos voitures en carburant ? De couper les forêts qui nous faisaient respirer pour y planter de quoi remplir des pots de pâte à tartiner ? »

Dans cet essai philosophique et littéraire rédigé à la première personne, la militante écosocialiste Corinne Morel Darleux questionne notre quotidien en convoquant le navigateur Bernard Moitessier, les lucioles de Pasolini ou Les Racines du ciel de Romain Gary. Elle propose un choix radical : refuser de parvenir et instaurer la dignité du présent pour endiguer le naufrage généralisé.


 Infos pratiques : Entrée libre / Terre des livres : 86, rue de Marseille 69007 Lyon / tel : 09 505 8 84 22 / internet : http://www.terredeslivres.fr/les-rencontres/


Samedi 26/10

[ RENCONTRE- MÉDIAS]

Médiathèque du Bachut à Lyon Vaise de 10h30 à 12heures

"Dans la peau d'un journaliste"

Le temps d'un atelier, vous pourrez vous mettre dans la peau d'un journaliste radio et en profiter pour connaître les coulisses du métier.

 Après un jeu de questions-réponses autour du métier du journalisme et du monde de l’information, nous rédigerons des brèves pour les lire comme si nous étions à la radio ou à la télévision. Nous réaliserons aussi de faux directs et d'autres mises en situation...

Infos pratiques :  Médiathèque du Bachut, 2 place du 11 novembre 1918, 69009 Lyon /tel : 04.78.78.12.12
Entrée libre sur inscription : https://www.bm-lyon.fr/spip.php?page=agenda_date_id&source=326&date_id=14496

 

dimanche 29 septembre 2019

HOMMAGE À MICHEL NAUDY


Au moment où les mouchoirs des pleureuses des médias sortent pour célébrer un politicard de la "bonne" droite à l'ancienne... On peut aussi se souvenir de Michel Naudy comme Gilles Balbastre nous y invite.


Deuil national !

A l'annonce de la mort de Jacques Chirac, une pensée émue au camarade journaliste Michel Naudy, mis au placard dix sept ans pour avoir moqué dans une émission qu'il animait « Droit de regard » sur France 3 Ile de France, une interminable et inutile séquence diffusée sur France 2 dans laquelle on voyait le soir de sa victoire à la Présidentielle de 2005, Jacques Chirac, dans sa voiture traversant Paris le bras à la portière. Michel, qui n'avait pu s'empêcher de moucher la servilité du journaliste Benoît Duquesne responsable de ce haut fait d'actualité, a été débarqué de l'émission aussi sec et ne s'est plus jamais vu proposer de poste à France Télévision.
Il nous a donné sa dernière interview remarquable et remarquée dans le documentaire Les nouveaux chiens de garde et puis, il s'est donné la mort, voilà bientôt sept ans...


Et on peut toujours retrouver les vidéos sardones de Gilles Balbastre sur la critique des médias sur le site Nada : http://nada-info.fr/


mardi 24 septembre 2019

LIRE : "UNIVERSITÉ LYON 2 : "LE PROGRÈS" SERT LA SOUPE AUX RÉACTIONNAIRES"


Nous relayons ici un article publié le 19 septembre sur le site de Rebellyon à propos du traitement par le quotidien Le Progrès" de "supposées dérives d'enseignements entièrement acquis au féminisme et à l'antiracisme le plus "extrême".

"Fidèle à sa ligne éditoriale, le Progrès a gratifié son lectorat d’une Une et d’une double-page une nouvelle fois bien réactionnaire. La cible de la semaine ? L’Université Lyon 2, clouée au pilori au travers d’un récit délirant dénonçant les « dérives » d’enseignements entièrement acquis au féminisme et à l’antiracisme le plus « extrême » (!).

La suite de l'article rédigé par une journaliste collaborant aussi pour L'obs, et les très droitiers Le Point et Valeurs  se trouve ici : https://rebellyon.info/Universite-Lyon-2-Le-Progres-sert-la-21108
 


dimanche 1 septembre 2019

AGENDA DE SEPTEMBRE

C'est la rentrée et avec elle le retour de notre agenda !
Des lieux associatifs et culturels lyonnais soutiennent régulièrement l'antenne d'Acrimed 69 en accueillant ses activités dans leurs locaux (MJC, librairie, cafés coopératives, cinémas de proximité, maison d'édition indépendante).
Nous relayons avec plaisir dans cet agenda plusieurs des évènements qu'ils organisent.

SEPT

Mardi 10/09

[ RENCONTRE- BEGAUDEAU]

La Maison des Passages à 19h00

Rencontre avec François Bégaudeau organisée par la librairie La Gryffe
autour de son dernier livre Histoire de ta bêtise (Fayard, 2019).

"S’adressant à l’électeur d'Emmanuel Macron, François Bégaudeau fait la somme des aveuglements qui le font se prendre pour un progressiste de pointe là où il n’est qu’un conservateur de base."

Romancier, essayiste et dramaturge, François Bégaudeau est l’auteur de nombreux ouvrages parmi lesquels Deux singes ou ma vie politique (Verticales, 2013) et En guerre (Verticales, 2018).

Infos pratiques : La Maison des Passages, 44, rue Saint Georges, Lyon 5e / Métro D - Vieux Lyon/ tél : 04 78 42 19 04
Entrée libre. 


Mardi 17/09

[ RENCONTRE- L. DE COCK]

Bibliothèque Municipale de La Part-dieu à 18h30
Rencontre avec Laurence De Cock pour son livre "Les pédagogies critiques" (Agone, Marseille, 2018).

 " Pourquoi s'intéresser aux pédagogies critiques, si mal connues en France ? Parce que notre système éducatif est marqué par ses fortes inégalités et que l'actualité politique et éducative du pays, les rendent, encore plus nécessaires. Souvent confondues avec les pédagogies alternatives elles s'en distinguent par leur dimension critique et visent à lutter contre les dominations, qu'elles soient de genre, de classe, ou encore relèvent d'autres inégalités. (...)
Le propos de cet ouvrage est donc de redonner toute sa place à un courant pédagogique ancien mais très vivant, et de lui rendre toute sa force de critique radicale et d'émancipation sociale, notamment pour les classes populaires. C'était la démarche des grands fondateurs Célestin Freinet et Paolo Freire ; c'est aussi celle que perpétuent et renouvellent beaucoup de pédagogues d'aujourd'hui. Cet ouvrage collectif fait le panorama le plus complet possible des pédagogies critiques."

Laurence De Cock est  historienne et enseignante en lycée et à l’université Paris-Diderot. Chercheuse en histoire et sciences de l’éducation, elle est l’auteure d’une thèse sur l’enseignement du fait colonial.

Infos pratiques : bibliothèque de la Part-Dieu, 30 Boulevard Marius Vivier Merle - 69003 Lyon / tel : 04 78 62 18 00.
Entrée libre dans la limite des places disponibles.

 
Samedi 28/09

[AM. LATINE- AMD]

Centre Culturel et de la Vie Associative (CCVA) de Villeurbanne  à 14h30.

« État des lieux de l’Amérique Latine ». Avec, notamment, Maurice Lemoine, Ruth Tapia Quintero et Victor de la Fuente.

Une rencontre  organisée par Les Amis du Monde Diplomatique de Lyon en partenariat avec l’AFAL, le comité lyonnais France Cuba, les Amis du Mouvement des paysans sans terres du Brésil, Vaulx-en-Velin-Sebaco, Solidarité développement Nicaragua.
 
Animation musicale avec le groupe Mélissa Nefeli.

" Pendant l’année 2018, nous avons vu des détériorations et des espoirs naissants dans le continent américain :Les accords de paix en Colombie ne sont pas respectés, car les assassinats de militants politiques et sociaux n’ont pas cessé. Le Venezuela et le Nicaragua font face à un processus de déstabilisation. L’Argentine, encore en crise et revient à la dépendance du FMI. Le Brésil subit le retour de l’extrême droite et du militarisme. Le Chili connait une droite en pleine crise de confiance, des institutions militaires décriées, et est en conflit avec le peuple Mapuche. Cuba doit gérer son processus pour une nouvelle constitution, pour garder les acquis de la révolution, et de changement en cours. Au Mexique, espoir avec l’élection d’Andres Manuel Lopez Obrador, qui doit se confronter à plusieurs problèmes : la violence, la corruption, et la redistribution de la richesse.

Nous considérons, que le traitement fait sur les grands médias de communications, en France et Europe, penche majoritairement sur la continuité du système dominant"

Infos pratiques :  CCVA, 234, cours Emile Zola à Villeurbanne/ Catherine Chauvin (AMD Lyon : catherine.chauvin@wanadoo.fr






 

samedi 10 août 2019

EN LIBRAIRIE : "JOURNAL" HENRY DAVID THOREAU " (SOUS LA DIRECTION DE MICHEL GRANGER)


Michel GRANGER, membre d'ACRIMED 69 et grand spécialiste de l'écrivain philosophe et théoricien de "la désobéissance civile" Henry David THOREAU, vient de diriger la nouvelle édition du "JOURNAL" aux éditions Le mot et le reste.

Nous publions ici l'article du 8 août 2019 que lui a consacré Livia Garrigue sur le site de MEDIAPART



 

Le «Journal» d’Henry David Thoreau: les notes de terrain d’un écologiste avant l’heure


Thoreau, théoricien de la désobéissance civile et anti-esclavagiste radical mort en 1862, apparaît dans son journal, récemment réédité, en poète, en naturaliste, mais aussi en prophète discrètement politique. Derrière la relation sensuelle et poétique de Thoreau avec la nature, se joue son intuition du lien inextricable entre asservissement du monde naturel et oppression des minorités.
·  « Je vis en plein air pour le minéral, le végétal et l’animal qui est en moi. »Nul credo ne récapitule mieux le Journal d’Henry David Thoreau, et son geste fondateur pour la pensée écologiste.
Consacrant la symbiose de l’homme et de la nature, cette formule du 4 novembre 1852 est souvent citée par Michel Granger, spécialiste de Thoreau (1817-1862) ayant chaperonné la nouvelle édition du Journal aux éditions Le mot et le reste. Attentif à préserver le foisonnement de la pensée morcelée et primesautière de ce journal de bord courant de 1837 à 1861, Michel Granger a élu avec soin les textes de cette sélection. D'allure décousue, mais restitués avec cohérence, s’y entrelacent les réflexions du philosophe et ses récits méticuleux d'incursions dans la nature environnante de Concord, au Massachusetts, où Thoreau a passé l'essentiel de sa vie. 
Incontournable aux États-Unis, Henry David Thoreau a récemment gagné en notoriété en France, à la faveur d’une série de traductions (notamment l’excellente de Brice Matthieussent) et de rééditions au cours des dernières années, le plaçant dans la catégorie des classiques qui épousent l’air du temps. D’abord méconnu de son vivant, Thoreau fut redécouvert par vagues successives jusqu’à se muer en une figure patrimoniale lisse, quasi institutionnelle. Une sorte de passage obligé de la culture américaine.
Le subversif théoricien de la désobéissance civile (Résistance au gouvernement civil, 1856), qui passa une nuit en prison pour avoir refusé de financer son État esclavagiste par l'impôt, s’est vu édifier en sage pacifiste sans aspérités – quitte à escamoter de l’Histoire son dernier texte, le Plaidoyer pour John Brown, où il exhortait sans ambiguïté à prendre les armes contre les esclavagistes. Le pionnier du souci écologique, réfractaire à sa civilisation mercantile, est bien souvent réduit à un ermite inoffensif, Thoreau ayant passé deux ans (de 1845 à 1847) dans une cabane construite de ses mains – mais dans une forêt située à deux kilomètres de son village, au bord du lac Walden. 
Face à ces stéréotypes et aux tentatives de récupération, il n’est de meilleure entrée, pour découvrir la pensée de Thoreau dans sa subtilité et sa spontanéité, que son journal intime. Dans ce « journal météorologique de l’esprit », le philosophe au grand air et homme aux mille vies se montre à visage découvert, plus libre et affranchi des regards que dans les œuvres publiées de son vivant (WaldenMarcherLes Forêts du Maine…), mais aussi plus tâtonnant, sujet aux doutes, plus volontiers familier. Épopée exploratoire, le journal se lit comme les notes de terrain d’un philosophe tout à la fois poète et naturaliste.
Arpenteur de métier (Thoreau prenait des mesures de terrain destinées à dessiner des cartes), s’adonnant à la marche au moins quatre heures par jour, il consignait dans son journal descriptifs ornithologiques et botaniques, croquis d'animaux, relevés de températures, coloris de plantes et de pelages, avec une consciencieuse minutie, en autodidacte fervent d'expérimentation et lecteur de Humboldt. Dryoptère, prêle fluviatile, salsepareille, séneçons dorés, jaseur d’Amérique, bédégars et ellébore : le lecteur féru de mots rares ou oubliés y trouve d’abord un pur plaisir lexical.
Mais son rapport à la nature se joue ailleurs que dans cette objectivation, qu’il se reprochait parfois à lui-même, en vertu d’une défiance envers la science dont il condamnait la froide technicité et la propension à spolier la nature – bien que le journal soit aujourd’hui devenu un outil précieux en botanique et en biologie. La relation intime de Thoreau avec la nature s’élabore dans « la correspondance parfaite de la nature et de l’homme, de sorte qu’il est chez lui en elle », formule-t-il le 26 octobre 1857.
Allant pieds nus dans la terre, s’abîmant dans les marais, Thoreau se dit « excité » par la forme étrange du polypode qui « pique sa curiosité », note les effets de micro-oscillations du climat sur son humeur et dans sa chair, pressent les prodromes de l’automne à venir dans la texture de l'air ou d'une herbe quelconque, « sympathise » avec cet arbre ou se sent proche des plantes phoenogames. Thoreau trouve dans la nature davantage qu’un monde habitable, il y découvre une hospitalité rassérénante, où même les composants cosmiques ou météorologiques s’apprivoisent : « La brume fait comme un toit et des murs autour de moi, et je marche avec le sentiment d’être chez moi », écrit-il le 7 novembre 1855.
« Une sorte de prescience de la crise environnementale à venir le conduit à penser que si les hommes en venaient à détruire cet étayage, ils s’amputeraient d’une part vitale d’eux-mêmes tant les destins de l’humanité et de l’environnement sont imbriqués », résume Michel Granger dans l’introduction de l'ouvrage. Mais cette prémonition se loge avant tout dans une poétique, celle qui abolit imperceptiblement la fracture de l’humain et du non-humain. Un schème devenu indispensable pour de nombreux théoriciens de l’écologie.
« Une partie non profanée de la terre, à qui l’on n’a pas donné de prix au marché »
Par un corps-à-corps avec le monde sensible, l’écologie surgit dans le Journal au ras des brins d’herbe, des lichens et des fougères, des roches ou des petits animaux, se constituant le tissu sensoriel du rapport de Thoreau aux éléments. Ce lien viscéral qui apparente le marcheur aux choses, symbiotique et souvent harmonieux (sauf parfois au sommet des montagnes, où la nature se montre plus austère et inhospitalière), oblige à une rééducation du regard sur la nature et sur l’ordinaire.
Contempler l’écorce d’un arbre – qu’on ne voit pas si l’on y jette un œil distrait – « dessille l’œil », écrit Thoreau en philosophe de l'attention. Côté ouïe, Thoreau livre de magnifiques passages sur les sonorités infinitésimales de la nature ; la glace « tonne », le lac « marmonne à voix basse », s’y ajoute le « zézaiement cristallin des mésanges » ou bien « la stridulation des grillons ». Mais les plus belles pages sont encore des hymnes au silence : « Je désire entendre le silence de la nuit, car le silence est une chose positive à laquelle il faut prêter l’oreille […]. Parfois le silence est simplement négatif, une terre désolée, aride et stérile, où je frissonne, où ne pousse aucune ambroisie. […] Le silence sonne ; musical, il m’enchante. Une nuit où le silence était audible. J’entends l’indicible. »
Mais que nous apportent ces considérations d'aspect innocemment contemplatif ? Par la flânerie (flâner est « un grand art », écrit-il un 26 avril), il déroge à la bougeotte lucrative et à l’éthique du travail en vogue à son époque. Pareillement, l’exploration de la nature sous son jour le plus ordinaire et sans objectif mercantile – s’il recueille des fleurs dans sa « boîte de botaniste » (son chapeau de paille), c'est pour les scruter, non en tirer profit – a une saveur secrètement politique, qui prend corps dans son mode de vie lui-même. À la marge, à la « lisière » selon le terme employé par Thoreau, le philosophe est un « excentrique », tel que Michel Granger aime à le nommer, et s’autorise une embardée vis-à-vis des paradigmes de rentabilité et de consumérisme qui habitent déjà son temps. Une réflexion intensément actuelle que Michel Granger lui-même avait nourrie dans un billet de blog sur Mediapart, mettant l’œuvre de Thoreau en perceptive avec les enjeux de la ZAD : « Vivre “à part” en démocratie ».
Les lieux qu’il arpente ont à ses yeux davantage de valeur lorsque les lois du marché ne leur en accordent aucune. « On dirait une île parmi les cieux lointains, une partie non profanée de la terre, à qui l’on n’a pas donné de prix au marché, qui n’est pas vantée par le promoteur immobilier », écrit-il le 31 mars 1853 en contemplant le sommet bleu d’une montagne. Thoreau peste contre les barrières qui jalonnent son cheminement, marquages de ce que la propriété privée fait aux espaces. Une mainmise humaine sur la nature qu’il exècre. « Chaque village devrait avoir un parc, ou plutôt une forêt primitive, de cinq cents ou mille arpents, où l’on ne devrait jamais couper la moindre branche pour en faire du bois de chauffe, un bien éternellement commun, pour l’instruction et la récréation », écrit-il le 15 octobre 1859.
« Ce que nous appelons sauvagerie est une civilisation différente de la nôtre »
La nature n’est pas un matériau brut dévolu à l'appropriation humaine. Une loi qui se lit partout dans le journal, baigné de tendresse envers ses compagnons – arbres, buses à queue rousse, petits poissons ordinaires –, qui résonnerait parfois presque comme une touchante naïveté : « Il ne faudrait même pas secouer trop rudement l’arbre dont nous convoitons les fruits », écrit-il ; « il est criminel d’infliger une blessure superflue à l’arbre qui nous nourrit et nous ombrage ». Inspiré par le modèle des « commons », terrains communaux à disposition de tous, Thoreau invente un modèle de gestion collective des sols et crée un idéal de préservation de la nature qui contribuera à l’avénement des parcs nationaux. Un appel renouvelé dans l’essai « Chesuncook », dans Les Forêts du Maine,sublime récit de voyage.
« L’homme insensible considère le caractère sauvage de certains animaux, leur étrangeté, tel un péché ; comme si toute leur vertu consistait dans leur aptitude à se laisser domestiquer », écrit Thoreau un 6 février en évoquant la majestueuse buse. « Cet oiseau ne sera pas votre volaille », ajoute-t-il. Une formule à teneur conclusive s'ensuit : « Ce que nous appelons sauvagerie est une civilisation différente de la nôtre. ». À l'instar du beau chapitre « Former inhabitants » de Walden qui nomme, réinscrit dans l’histoire et dans la géographie des esclaves et leurs descendants autrefois invisibilisés à partir de leurs demeures fantômes, le journal cartographie des espaces non dignes d’intérêt économique. Il parcourt des lieux que Thoreau appelle « négligés », bousculant les échelles de valeurs de la cartographie officielle et d'une utilisation institutionnelle de l'espace.
 Le journal, dont le héros cajole les mauvaises herbes et les obscurs marécages, subvertit la hiérarchie des lieux et redessine poétiquement les frontières du monde sensible. Il annihile des classifications établies de la sphère sociale. Aussi pouvait-il écrire, concernant les Indiens – même si son regard ethnologique n’échappait pas aux schèmes essentialisants de son époque : « La pensée d’une tribu dite sauvage est généralement beaucoup plus juste que celle d’un homme seul et civilisé. »
 Sous des airs d’ingénuité, le journal de Thoreau foisonne d’enseignements subrepticement politiques, dans les coulisses de La Désobéissance civile ou de puissants textes tels que la conférence De l’esclavage au Massachusetts. Cet anti-esclavagiste radical, qui fut aussi l’ami des arbres et des balbuzards, savait que la défense des minorités est indémêlable de la sauvegarde de notre monde naturel contre l'asservissement humain, lui qui sut l'habiter poétiquement et incarner sa pensée dans un style d'existence. Au creux de ses confessions, au gré de ses observations sur le biotope et le long des sentiers du Massachusetts, le journal prodigue au lecteur d'aujourd'hui une leçon sur l'entrecroisement des luttes.




A lire aussi un entretien avec Michel Granger : https://addict-culture.com/thoreau-entretien-michel-granger/