samedi 15 mars 2025

AIDER LE MÉDIA INDÉPENDANT LOCAL "RUE 89 LYON" !

 

Notre blog relaie l'appel du média local et indépendant en ligne Rue 89 Lyon qui fait face à des difficultés financières

 

Sauvez un contre-pouvoir local ! 

Pour continuer d’exister en 2026, il nous faut 30 000 euros avant le 16 avril. Enquêter sur l’extrême droite, mettre notre nez dans les affaires de patrons peu scrupuleux, scruter les pouvoirs politiques… Depuis 14 ans, Rue89Lyon remplit ce rôle de vigie à Lyon et sa région. Cette année 2025 notre journal fait face à plusieurs menaces. 

Abonnez-vous ou faites un don pour faire vivre Rue89Lyon : https://www.rue89lyon.fr/

Vous pouvez agir. Sans vous, nous ne pourrons pas continuer.

 Voir l'appel de Rue 89 Lyon par ses journalistes : https://www.youtube.com/watch?app=desktop&v=yiMXGH-d6Oo&fbclid=IwY2xjawJCmdhleHRuA2FlbQIxMQABHXp0JyUFtAvaUYB4gPPHy-Qh2eAEGFmVSyIyTil25bW-PTenRep-Vh2fag_aem_BSUatqlIB2gIWzZ1HvT8kQ

 

Peut être une image de 3 personnes et texte qui dit ’Déjà 6000 euros en 24h ! OBJECTIF 30 000 EUROS’



samedi 8 février 2025

A ECOUTER : " "LYON PEOPLE, UN MAGAZINE ANTI-ECOLO ET PRO-COMMERCE DE LUXE

 A écouter : un bien intéressant éclairage de l'émission "Arrêt sur images" sur ce média de presse écrite qui combine publi-reportage, propagande ultra bizness et saillies réactionnaires...

"Lyon People s'est lancé en 1999 avec une ambition claire : faire découvrir aux lyonnais les soirées les plus huppées de la ville. 25 ans plus tard, le média a su préserver son goût pour le luxe, quitte à parfois brouiller les frontières entre information et communication. Mais les éditos et les articles web annoncent (aussi) la couleur politique de ce magazine gratuit, qui se rêve en journal d'opposition aux écolos à grands coups de #saccageLyon et d'éditoriaux bien réac'. Pauline Bock a mené l'enquête sur ce média provocateur."

 Magazine. Angelina Cucherat en couverture de Lyon People 3*

 C'est à écouter ici : https://www.youtube.com/watch?v=raeo11DyVx0


mardi 28 janvier 2025

SORTIE DU MEDIACRITIQUE N°53 : MEDIAS ET PALESTINE

 

Le Médiacritiques n°53 sortira de l’imprimerie le 10 février. À commander dès maintenant sur notre site ou à retrouver en librairie. Et surtout, abonnez-vous !

 


Ce numéro ne sera pas plus diffusé en kiosques que les précédents. Vous pourrez cependant le trouver dans les librairies listées ici, ainsi que sur notre boutique en ligne.

Et surtout, abonnez-vous ! Pour cela, rendez-vous sur notre boutique en ligne. Vous pouvez également nous soutenir en adhérant à l’association ou en faisant un don.

Tous les anciens numéros sont en accès libre ici.

A LYON, VOUS POUVEZ TROUVER "MÉDIACRITIQUES" EN VENTE DANS LES LIBRAIRIES SUIVANTES :

Le Bal des Ardents
17 rue Neuve 69001 Lyon

La Gryffe
5 rue Sébastien-Gryfe 69007 Lyon

Terre des Livres
86 rue de Marseille 69007 Lyon

 

vendredi 17 janvier 2025

Media Crash - qui a tué le débat public ?

 

DANS LE CADRE DES RENDEZ-VOUS DU DOCUMENTAIRE 

Mardi 21 janvier à 18h45 au Lumière Bellecour
Séance présentée 

Media Crash - qui a tué le débat public ?  de Valentine Oberti & Luc Hermann
France | 2022 | 1h25 | DOC

Il y a ce que vous voyez, ce que certains souhaitent que vous voyiez, et ce que vous ne voyez pas. Jamais la France n'a connu une telle concentration des médias privés. Quelques industriels milliardaires, propriétaires de télévisions, radios, journaux utilisent leurs médias pour défendre leurs intérêts privés. Au détriment de l'information d'intérêt public. En cachant ce qui est essentiel, en grossissant ce qui est accessoire, ces médias façonnent, orientent, hystérisent pour certains le débat. Avec la complicité de certains responsables politiques, qui s'en accommodent volontiers. Mediapart et Premières Lignes vous racontent les coulisses des grands médias.

Achat conseillé des places à l’avance, aux accueils ou en ligne

 

 

https://www.cinemas-lumiere.com/film/media-crash-qui-a-tue-le-debat-public.html

dimanche 5 janvier 2025

LES MEILLEURS VOEUX D'ACRIMED 69 !

Souscription 2018 : Soutenez Acrimed ! - Acrimed | Action Critique Médias

 Dessine-moi les médias : le retour du journalisme hippique - Acrimed ...

 

UNE TRÈS BELLE ET HEUREUSE ANNÉE À TOUTES ET TOUS !

Continuons de soutenir une presse indépendante locale !

Rue 89 Lyon :  https://www.rue89lyon.fr/soutenir/

Médiacités Lyon : https://www.mediacites.fr/lyon/

Le Postillon Grenoble : https://www.lepostillon.org/

Radio Canut :  https://radiocanut.org/

Et bien d'autres ailleurs parmi lesquels :

Basta ! : https://basta.media/

Blast : https://www.blast-info.fr/

                                                               Le Média : https://www.lemediatv.fr/

                                                               Frustation :  https://www.frustrationmagazine.fr/

 

« Si la banalisation de l’extrême droite se résumait aux médias Bolloré, ça se saurait » : entretien avec Pauline Perrenot d'ACRIMED


Pauline Perrenot est journaliste pour l’observatoire des médias Acrimed et autrice du livre Les Médias contre la gauche (Agone, 2023). Elle décrypte les mécanismes de l’extrême-droitisation des médias et rappelle le rôle essentiel des médias indés.

Basta! : Selon une information du Parisien du 19 décembre, l’émission « Touche pas à mon poste ! » (TPMP), présenté par Cyril Hanouna sur C8, s’arrêterait en février. Ça y est, c’est bon, c’est la fin de la surreprésentation de l’extrême droite à la télé ?

Pauline Perrenot : Évidemment non, ça ne règle pas le problème. Compte tenu de la structuration du paysage médiatique et des phénomènes de concentration, Hanouna peut sortir par la fenêtre C8 mais re-rentrer sur le devant de la scène médiatique par la porte d’Europe 1 – où il officie d’ailleurs déjà – de CNews ou même du Journal du dimanche… Tous ces médias sont possédés par Bolloré.

D’autre part, si la question de la banalisation de l’extrême droite se résumait aux médias détenus par Vincent Bolloré, ça se saurait. Ils sont évidemment à l’avant-poste de la contre-révolution réactionnaire. Mais chez Acrimed, non seulement on inscrit ce processus dans une temporalité plus longue, mais on refuse également le mythe qui postule une étanchéité entre les médias de Bolloré et le reste du paysage médiatique. Les médias qui occupent une position dominante et légitime dans le champ journalistique sont aussi concernés par la question de la normalisation de l’extrême droite.

Quel constat dressez-vous à Acrimed sur la présence médiatique de l’extrême droite ?

Quand on parle d’extrême-droitisation, on parle d’une banalisation des idées d’extrême droite, de ses visions du monde, mais également de la crédibilisation des représentants des extrêmes droites au sens large – dans le champ politique et au-delà.

L’histoire n’a donc pas commencé avec la montée en puissance de Bolloré dans le paysage médiatique, dont la droitisation épouse une trajectoire parallèle à celle du champ politique : si l’on regarde par exemple les travaux d’Ugo Palheta sur le processus de fascisation en France, on comprend que l’on fait face à de nombreuses dynamiques (le tournant néolibéral des politiques publiques ; le durcissement autoritaire de l’État ; le renforcement du nationalisme et du racisme ; la montée du Front national ; l’affaiblissement politique du prolétariat) qui ont cours depuis les années 1970-1980.

S’agissant des grands médias, avec Acrimed, on essaye de mettre en lumière les mécanismes et les tendances lourdes qui, selon nous, ont contribué en miroir à normaliser l’extrême droite. Il y a, d’abord, la consolidation d’un pôle frontalement réactionnaire : l’extension de l’empire Bolloré, mais aussi la surreprésentation d’un grand nombre de commentateurs réactionnaires – « experts », intellectuels, journalistes, etc. – légitimés de longue date par des médias « acceptables ».

Ensuite, on a essayé de beaucoup documenter comment les médias ont participé à co-construire les cibles de la peur et de la haine : comment les obsessions de l’extrême droite (insécurité, immigration, autorité, islam) ont non seulement occupé une place de plus en plus centrale dans l’agenda médiatique, mais aussi comment les cadrages de ces thématiques ont progressivement épousé la grille de lecture qu’en donnent les partis de droite, en particulier dans l’audiovisuel et dans une large partie de la presse hebdomadaire.

Le troisième angle, c’est celui de la dépolitisation de la politique et, singulièrement, la dépolitisation et la peopolisation de l’extrême droite. Là, on s’intéresse beaucoup plus au journalisme politique en tant que tel, au triomphe du commentaire aux dépens du reportage ou de l’enquête : la focalisation sur le jeu politicien au détriment des enjeux de fond, l’emprise de la communication sur l’information politique, les mésusages des sondages, la façon dont les cadres du RN ont été surreprésentés et mis en scène comme la principale force d’ « opposition » aux partis de gouvernement, etc.

Sur le plan socio-économique par exemple, l’accompagnement médiatique des politiques néolibérales (et donc la délégitimation de toute alternative progressiste) aura largement alimenté un sentiment de fatalisme vis-à-vis de l’ordre établi, lequel caractérise en partie le vote RN.

Ces dynamiques ne sont pas uniformes selon les médias, elles sont entretenues plus ou moins consciemment par les professionnels, mais ce sont des tendances dominantes qui contribuent à normaliser l’extrême droite et ce, depuis plusieurs décennies.

Juste pour mettre les choses au clair avant de continuer : les médias sont-ils les seuls responsables de la dédiabolisation de l’extrême droite ?

Les travaux de sociologie et de science politique sur l’extrême droite permettent de comprendre les conditions matérielles, sociales, économiques, politiques, etc. qui ont contribué sur le long terme à la progression (notamment électorale) de l’extrême droite dans la société. On a toujours dit, pour notre part, que les médias dominants n’étaient pas les premiers responsables de cet enracinement.

Mais en tant que co-organisateurs du débat public, producteurs d’informations et de représentations du monde social, ils jouent un rôle effectif de légitimation. Il faut comprendre ce rôle en tant que tel : ni le surdéterminer, ni le sous-estimer. Quand on parle de banalisation, de crédibilisation, il faut entendre ces mots pour ce qu’ils sont et ne leur faire dire ni plus ni moins.

On voit de nombreux chroniqueurs et chroniqueuses issus de la presse d’extrême droite invités sur des chaînes de télé (par exemple, Juliette Briens, militante identitaire et qui travaille pour le magazine d’extrême droite L’Incorrect, invitée comme chroniqueuse sur BFM). Il y a donc une porosité, une continuité entre des médias d’extrême droite et des médias dits « traditionnels » ?

Il ne faut pas penser les médias Bolloré comme des médias « cloisonnés ». Il ne s’agit pas de mettre un signe égal entre toutes les lignes éditoriales, ça n’aurait pas de sens. Mais il faut en effet souligner un continuum dans la fabrique et le mode de traitement de l’information. La circulation médiatique des commentateurs réactionnaires – et, par conséquent, de leurs idées et discours – est un très bon exemple à cet égard. Parmi eux, l’un des cas les plus spectaculaires, c’est Zemmour.

Avant de basculer dans le jeu politique, il a été journaliste et éditorialiste. Il a construit sa carrière au Figaro mais il a aussi travaillé pour Marianne, RTL, i-Télé… C’est le salarié qui est resté le plus longtemps à l’antenne de « On n’est pas couché », l’émission de Laurent Ruquier sur France 2. Tout au long des années 2010, Éric Zemmour a sorti des livres qui ont fait l’objet d’un battage médiatique quasi systématique.

De nombreux médias perçus comme « légitimes » et « respectables » ont donc vraiment contribué à construire son capital médiatique. Alors quand CNews lui a offert un fauteuil régulier en 2019 pour la fameuse émission « Face à l’info » – qui a été pensée comme une rampe de lancement pour sa carrière politique –, la chaîne a capitalisé sur une notoriété entretenue pendant près de 30 ans par les autres médias.

Si on ne prend pas en compte cette complaisance continue des chefferies médiatiques à l’égard de cet agitateur (parmi d’autres …), on ne peut pas comprendre ce qui a été appelé le « phénomène Zemmour » fin 2021 et début 2022. Il y a eu un emballement médiatique absolument délirant. À Acrimed, on est vraiment tombés de notre chaise à ce moment-là, en voyant la surface médiatique qu’il a occupée, la complaisance avec laquelle il a été reçu, la façon dont les intervieweurs et intervieweuses ont complètement renoncé à contrecarrer ces thèses.

Cette séquence a été tout à la fois un symptôme et un accélérateur de la normalisation médiatique de l’extrême droite et du racisme. Elle était un révélateur, également, de la manière dont fonctionne le théâtre médiatique : la low-costisation du débat, la prime au spectaculaire, le mimétisme, etc.

Quel est le rôle de la concentration des médias dans tout cela ?

Elle a plusieurs rôles. Comme les pouvoirs publics ont renoncé à toute mesure contraignante en matière de propriété et de concentration des moyens d’information et de communication, évidemment, les industriels milliardaires ont les mains libres. Bolloré, ce n’est pas que CNews : c’est maintenant de la presse écrite, de la radio.

Mais c’est aussi une présence à d’autres niveaux de la chaîne de production et de diffusion de l’information et de la culture : il possède les points de vente Relay, des salles de spectacle, un institut de sondage (CSA, groupe Havas, une filiale de Vivendi) ainsi que des groupes d’édition. Ce double phénomène de concentration, à la fois horizontale et verticale, permet vraiment d’édifier un empire médiatique ici mis au service d’un combat politique clairement campé à l’extrême droite, dont Bolloré n’a d’ailleurs jamais fait mystère.

Au-delà du phénomène de concentration et du cas Bolloré, c’est bien le mode de propriété capitalistique des moyens d’information et la financiarisation des médias qui posent un problème majeur. De ce mode de propriété capitalistique découlent toutes les contraintes commerciales qui pèsent sur la production de l’information et formatent le débat public « low cost » tel qu’on le connaît aujourd’hui. Il y a un nivellement par le bas terrible, un triomphe du commentaire et du bavardage, qui excède de loin les frontières des chaînes d’information en continu à proprement parler.

C’est un modèle qui, à bien des égards, favorise l’extrême droite.

Sur les plateaux notamment, les commentateurs réactionnaires nagent comme des poissons dans l’eau. C’est flagrant. Ils commentent les sondages biaisés, montent en épingle des faits divers, invectivent, idéologisent des ressentis, etc. Ils se nourrissent des idées reçues qui irriguent la pensée médiatique dominante depuis des décennies. La plupart du temps, ils n’ont pas besoin de remettre en cause les cadrages des journalistes et peuvent alterner les provocations et les contre-vérités sans être repris.

A contrario, c’est beaucoup plus compliqué pour des acteurs (politiques, associatifs, intellectuels, etc.) en capacité d’apporter une contradiction étayée aux thèses libérales, sécuritaires, racistes et xénophobes. Ils sont non seulement sous-représentés, mais les contraintes des dispositifs entravent, pour ne pas dire empêchent structurellement leur expression.

En Belgique, les médias de l’audiovisuel public wallon refusent de donner la parole en direct à l’extrême droite, pour ne pas la laisser diffuser ses idées sans cadre ou contradiction possible. Cela pourrait-il être une solution ?

Je pense que le problème est plus large, notamment parce que le processus d’extrême-droitisation ne repose pas que sur des personnalités étiquetées « extrême droite »… Depuis les années 1970, les responsables politiques ont progressivement légitimé les slogans sécuritaires, y compris la gauche de gouvernement, mais aussi les mots d’ordre autoritaires, nationalistes et identitaires.

Ça s’est encore accéléré au cours des années 2010 et plus encore à partir de 2015. Les gouvernements d’Emmanuel Macron ont ensuite entravé méthodiquement les conquis sociaux des travailleurs, les libertés publiques, les droits des étrangers, emprunté au répertoire et au vocabulaire de l’extrême droite pour aujourd’hui construire des alliances objectives avec elle…

S’agissant des médias, encore une fois, beaucoup des thèses de l’extrême droite sont ventilées par des professionnels qu’on ne peut pas soupçonner de voter à l’extrême droite. Un exemple m’a toujours paru très symptomatique : en septembre 2021 sur France 2, la rédaction d’« Élysée 2022 », une émission politique très regardée (on parle de millions de téléspectateurs) avait organisé un « face à face » entre Valérie Pécresse et Gérald Darmanin.

À cette occasion, ce sont les deux présentateurs, et non leurs invités, qui ont introduit dans le « débat » la thèse raciste et complotiste du « grand remplacement » : Léa Salamé et Thomas Sotto, deux professionnels qui occupent une position professionnelle et symbolique très importante dans le champ journalistique, valorisés par une grande partie de leurs pairs.

Quand on parle d’imposition et de légitimation des préoccupations de l’extrême droite, là, on est en plein dedans.

La façon de cadrer l’information, de mettre à l’agenda certains sujets plutôt que d’autres, de systématiquement légitimer certains acteurs et d’en discréditer d’autres, tout cela constitue le « bruit médiatique ». Et il faut dire que celui-ci aura largement acclimaté les publics à des visions du monde réactionnaires.

Évidemment, on sait comment sont structurées les rédactions. On sait qu’il y a de très nombreux journalistes qui n’ont pas la main sur leurs sujets, qui travaillent dans des conditions désastreuses et qui sont soumis à l’autoritarisme de leur hiérarchie. Ils doivent faire mille métiers en un, et n’ont donc pas forcément la latitude et les marges de manœuvre nécessaires, ne serait-ce que pour réfléchir à comment ils souhaiteraient traiter un sujet.

Si la droitisation est transversale dans les médias dominants, elle est aussi un processus qui opère par le haut du champ journalistique, là où se concentre le pouvoir éditorial, parmi les directions sociologiquement solidaires des intérêts des classes dirigeantes. Christophe Barbier résumait très bien leur état d’esprit : « Aujourd’hui la peur de Mélenchon est plus grande que la peur de Le Pen ». Il n’y a pas besoin d’en dire plus.

Dans ce contexte, quel est le rôle des médias indépendants ?

Le travail des médias indépendants est colossal. Basta!, StreetPress, Mediapart, Arrêt sur images, Acrimed, Le Monde diplomatique, Reporterre, Le Média, Blast, Le Bondy Blog… Beaucoup de médias indépendants font non seulement un travail d’enquête sur l’extrême droite en tant que telle, ses pratiques, ses politiques, son idéologie, mais ils incarnent aussi un véritable pluralisme.

C’est dans ces médias qu’on va donner une place plus importante aux reportages et à l’enquête sociale. Ils ont aussi des cadrages et des façons de problématiser « l’actualité » qu’on ne voit pas ailleurs – et ça, sur tout un tas de sujets. Enfin, dans ces médias, on entend des personnes rarement – pour ne pas dire jamais – sollicitées par les médias dominants, qu’on pense à des militants associatifs, antifascistes, des chercheurs, des chercheuses, des intellectuels...

Sans le travail d’information des médias indépendants, le pluralisme serait dans un état encore plus lamentable. Cela étant dit, ces médias ne « font pas l’agenda » et restent moins « légitimes », généralement moins suivis. C’est l’une des raisons pour lesquelles Acrimed appelle à ne jamais perdre de vue la transformation radicale des médias, laquelle ne pourra pas faire l’économie de mesures ambitieuses visant à libérer l’information de la marchandisation et de l’emprise des industriels milliardaires.

vendredi 22 novembre 2024

LIRE : " 70 ANS À CONTRE COURANT : UNE PETITE HISTOIRE DU "MONDE DIPLOMATIQUE"

 

70 ANS À CONTRE-COURANT :UNE PETITE HISTOIRE DU MENSUEL "LE MONDE DIPLOMATIQUE" EN LIBRE ACCÈS SUR LE SITE DU JOURNAL.

Extraits : 

  1954

 

Guerre froide, guerres d’indépendance, nouveaux États, déploiement des institutions internationales…, lactivité diplomatique sintensifie. Hubert Beuve-Méry, directeur du quotidien Le Monde, décide de créer un mensuel entièrement consacré aux questions de politique étrangère. François Honti, journaliste et ancien consul de Hongrie à Genève, en sera le rédacteur en chef.

 

 Sous-titré « Journal des cercles diplomatiques et des grandes organisations internationales », ce modeste supplément de huit pages n’a pas grand-chose à voir avec la publication d’aujourd’hui.

Dans le premier numéro, un texte annonce le programme : « doter les membres des services diplomatiques et consulaires de tous les pays et le personnel des principales organisations internationales, ainsi que leurs familles, dun organe consacré aux événements et aux problèmes qui les intéressent tout particulièrement ».

À côté de longues analyses à la tonalité très officielle, on trouve donc les annonces des mouvements et nominations au sein du corps diplomatique. Ou des textes sur la saison des défilés de mode, comme cet article du premier numéro baptisé « Robes à danser, robes du soir ».

1973

Le tournant Claude Julien

En 1969, Hubert Beuve-Méry part à la retraite. Jacques Fauvet lui succède à la direction du Monde et Claude Julien devient chef du prestigieux service étranger. En 1973, ce journaliste et intellectuel chrétien, critique des États-Unis et du libéralisme économique, prend la tête du Monde diplomatique.

Jeune homme, Claude Julien sest engagé dans la Résistance dans le Tarn. Après la seconde guerre mondiale, il étudie le journalisme aux États-Unis, puis séjourne au Maroc où il soutient le mouvement d’indépendance et se fait expulser par les autorités coloniales. Entré au service étranger du Monde en 1951, il couvre lAmérique pendant la décennie de luttes pour les droits civiques, se rend à Cuba lors de la révolution, publie des ouvrages incisifs comme LEmpire américain (1968).

 Il prend la barre du « Diplo » lannée du choc pétrolier, de la guerre au Proche-Orient, du coup dÉtat au Chili – il la transmettra peu après la chute du mur de Berlin (1989). En quelques mois, il transfigure le journal avec la complicité de la journaliste Micheline Paunet et le renfort de deux intellectuels, Ignacio Ramonet puis Bernard Cassen. 

 

La suite sur le site du Monde diplomatique : https://www.monde-diplomatique.fr/diplo/70-ans/

 

dimanche 17 novembre 2024

A voir : "Journalisme économique : 40 ans de catéchisme libéral"

Les médias dominants font bien plus que simplement « rendre compte » d’une actualité économique qui s’imposerait d’elle-même. Ils construisent cette actualité en sélectionnant des faits, en les hiérarchisant, en les mettant en forme et en leur donnant du sens. Ils ont ainsi largement contribué à imposer la doctrine néolibérale comme une évidence indiscutable dans le débat économique et plus largement dans le débat public en France. Comment ? C'est tout l'objet de ce nouvel épisode de 4e pouvoir, le format de critique des médias de Blast en partenariat avec Acrimed.

 

                         

 

 Pour voir la vidéo, c'est ici :

 https://www.youtube.com/watch?v=_9tr5pF_wzA

 Le site de Blast ! : https://www.blast-info.fr/

vendredi 1 novembre 2024

SORTIE DE MÉDIACRITIQUES N°52 : " MÉDIAS ET ÉCOLOGIEÉ

 

Le Médiacritiques n°52 sortira de l’imprimerie le 6 novembre. À précommander dès maintenant sur notre site ou à retrouver début novembre en librairie. Et surtout, abonnez-vous !




Ce numéro ne sera pas plus diffusé en kiosques que les précédents. Vous pourrez cependant le trouver dans quelques rares – mais d’autant plus précieuses – librairies listées ici, ainsi que sur notre boutique en ligne.

Et surtout, abonnez-vous ! Pour cela, rendez-vous sur notre boutique en ligne. Vous pouvez également nous soutenir en adhérant à l’association ou en faisant un don.

Tous les anciens numéros sont en accès libre ici.

 A LYON, VOUS POUVEZ TROUVER "MÉDIACRITIQUES" EN VENTE DANS LES LIBRAIRIES SUIVANTES :

Le Bal des Ardents
17 rue Neuve 69001 Lyon

La Gryffe
5 rue Sébastien-Gryfe 69007 Lyon

Terre des Livres
86 rue de Marseille 69007 Lyon

dimanche 6 octobre 2024

SUIVRE L'INTEGRALITE DE L'INTERVENTION DE JULIEN ASSANGE AU CONSEIL DE L'EUROPE

 

" J'AI PLAIDÉ COUPABLE DE JOURNALISME"

« Je veux être tout à fait clair. Je ne suis pas libre aujourd’hui parce que le système a fonctionné. Je suis libre aujourd’hui après des années d’incarcération parce que j’ai plaidé coupable d’accusation de journalisme. J’ai plaidé coupable d’avoir cherché à obtenir des informations d’une source. J’ai plaidé coupable d’avoir informé le public de la nature de ces informations. Je n’ai plaidé coupable d’aucune autre accusation. J’espère que mon témoignage d’aujourd’hui pourra servir à mettre en lumière la faiblesse des mesures de protection existantes et à aider ceux dont les cas sont moins visibles mais qui sont tout aussi vulnérables. »

Julian Assange, le 1er Octobre 2024

 

Ce mardi 1er octobre 2024, Julian Assange s’exprimait devant la Commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe à Strasbourg.

La commission s’appuie sur le rapport de la représentante islandaise Thórhildur Sunna Ævarsdóttir ( Parti pirate). Le comité de soutien Assange pointe dans un communiqué que « cette commission a émis un avis clair sur le cas Assange, notamment quant à la nature politique de la persécution. Elle accuse sans détour les États-Unis et le Royaume-Uni, demandant des actions. »

Il s’agissait de sa première prise de parole publique depuis trois mois, depuis qu’il est sorti de sa détention terrible de la prison de Belmarsh à Londres, après 14 ans de persécution pour fait de journalisme (voir Julian Assange enfin libre !). Il était accompagné de son épouse et avocate Stella et de Kristinn Hrafnsson, rédacteur en chef de WikiLeaks.

Nous étions présents pour vivre ce moment tant attendu et extrêmement émouvant. Julian Assange a été impressionnant de lucidité et toujours combatif, il s’est longuement exprimé sur ce que signifie le harcèlement qu’il a vécu suite aux publications des révélations de WikiLeaks sur les crimes de guerre des États-Unis. Assange a posé les bases des enjeux de la liberté d’informer. Son témoignage est d’une importance cruciale pour comprendre le monde dans lequel on vit et pour entrevoir l’avenir, pas seulement pour liberté de la presse, mais pour nos libertés à tous et pour dissiper le brouillard des guerres, rendre plus difficile les crimes de guerre. « Tous les journalistes devraient être des militants pour la liberté d’expression et pour la liberté », nous a justement rappelé Julian Assange. Dans le contexte de l’escalade guerrière au Proche-Orient et en Europe, les mots de Julian Assange étaient particulièrement percutants.

Pour suivre l'intégralité de l'intervention de Julien Assange, il faut cliquer sur ce lien : https://www.lesmutins.org/le-retour-de-julian-assange