mercredi 16 mars 2022

CINÉ-DÉBAT "MEDIACRASH" LE 5 AVRIL À TARARE avec ATTAC ET ACRIMED 69

 

Il y a ce que vous voyez, ce que certains souhaitent que vous voyiez, et ce que vous ne voyez pas. Jamais la France n'a connu une telle concentration des médias privés. Quelques industriels milliardaires, propriétaires de télévisions, radios, journaux utilisent leurs médias pour défendre leurs intérêts privés. Au détriment de l'information d'intérêt public. En cachant ce qui est essentiel, en grossissant ce qui est accessoire, ces médias façonnent, orientent, hystérisent pour certains le débat. Avec la complicité de certains responsables politiques, qui s'en accommodent volontiers. Mediapart et Premières Lignes vous racontent les coulisses des grands médias.


 

 

Pression sur les journalistes, intimidation, mainmise des grands patrons sur des journaux, des télévisions, des radios. Le documentaire "Media Crash, qui a tué le débat public ?" est une piqûre de rappel de l’hyper-concentration des médias en France. Quand neuf milliardaires détiennent plus de 90% des médias privés en France. "Une bonne démocratie est une démocratie bien informée", souligne l’un des deux réalisateurs Luc Hermann, journaliste dans la société de production Première Lignes. Avec Valentine Oberti, de Mediapart, ils racontent les coulisses des grands médias. 

Dans ce documentaire, les deux journalistes montrent comment ces patrons cherchent à "défendre àmleurs intérêts privés", à quel point enquêter sur eux peut avoir des conséquences. "La mal-information, c’est comme la malbouffe", alerte Valentine Oberti, "la malbouffe a des conséquences claires sur la santé. Et quand on est mal informé, on peut pas décider en tant que citoyen".

Bande annonce du film :  https://www.facebook.com/Mediapart.fr/videos/510410267083419/

 

dimanche 20 février 2022

"RUE 89 LYON" A 10 ANS !

 

Bon anniversaire à Rue 89 Lyon, Média indépendant local qui défend depuis 10 ans un journalisme d'investigation d'intérêt public !!  

 Cet article est paru dans Rue 89 Lyon, le 11 février 2022

La presse indépendante à Lyon, par Rue89Lyon

Le média Rue89Lyon, on peut le résumer ainsi : 10 ans d’infos et d’enquêtes produites par une petite équipe indépendante. On vous donne un aperçu des coulisses.
 

Dans une interview récente, un confrère dirigeant une rédaction concurrente et néanmoins amie de Rue89Lyon a déclaré qu’il n’existait pas de définition de l’indépendance déposée à l’INPI, qui puisse faire d’elle l’apanage de tel ou tel média. 

C’est très vrai. Les modèles économiques des médias de Lyon sont différents, parfois opposés et, pour autant, plusieurs d’entre eux peuvent prétendre à cette estampille nécessaire pour exercer la profession et conserver la confiance des lecteurs et lectrices.

Nous ne le répéterons sans doute jamais assez : si nous éditons quotidiennement de l’enquête et de l’info sur le site de Rue89Lyon, tout en y affichant des publicités ou encore une plateforme d’annonces légales, notre indépendance n’est pas négociable. Elle est le socle et la condition de notre travail.


 

Petite équipe, moyens limités, grosses ambitions

Alors que nous fêtons 10 ans d’info et d’enquête à Lyon, rappelons que nous payons cher cette indépendance. L’équipe reste petite alors que notre audience grandit, que s’empile sur nos bureaux des sujets et des dossiers d’information que nous avons bien l’intention de traiter de manière qualitative.

Les salaires sont bas et la stabilité économique reste une préoccupation constante.

Cette situation n’ampute pas nos ambitions éditoriales, pas plus qu’elle ne réduit l’exigence vis-à-vis de notre mission que nous qualifions -sans emphase mais avec un véritable engagement- d’intérêt général.

Parce que nous croyons dans le débat démocratique, dans le rôle de vigie que la presse doit tenir face aux pouvoirs locaux, nous tenons à l’honorer. Pas d’emphase mais une réalité à vous décrire, à vous lecteurs et lectrices.

Un média qui appartient à ses lecteurs

Aucun média sans publicité n’appartient à 100% à ses lecteurs, un pool d’actionnaires existant dans chacun de ceux que vous lisez ou regardez au niveau local.

À Rue89Lyon, il y a aussi des actionnaires : ce sont ses deux journalistes cofondateurs, qui ont lancé le média en 2011. Pas de groupe de presse en appui, pas de fonds de pension, pas de banque, pas de mécène intéressé, pas de milliardaire ni autre figure qui, par ailleurs, ne serait pas impliquée directement dans le travail de l’entreprise.

« Un média qui appartient à ses lecteurs » est un slogan que Rue89Lyon est légitime à utiliser puisque, en effet, en vous abonnant, vous assurez la variété des ressources et le fait que votre presse ne dépende d’aucun pôle financier en particulier.

Les ressources multiples et transparentes d’un média indépendant

Les annonceurs publicitaires sont en lien avec un responsable commercial de Rue89Lyon ; ils sont divers, issus à 90% du milieu culturel -sur lequel nous ne nous empêcherons jamais d’enquêter.

Nous avons monté des événements en accord avec notre ligne éditoriale, comme ce salon des vins, version lyonnaise de « Sous les pavés la vigne », qui met en avant des vignerons à la pointe d’une agriculture nouvelle.

Nous avons ouvert une plateforme de diffusion d’annonces légales, lesquelles sont considérées comme des aides indirectes à la presse. Elles n’étaient jusqu’en 2020 octroyées qu’à la presse papier -des journaux pour certains scandaleusement vides, qui se sont créés uniquement en vue de profiter de la manne.

Nous recevons des subventions (du ministère de la Culture ou de la Drac directement) pour des opérations d’éducation aux médias que nous menons depuis 2015. Tout est transparent et signalé sur notre site, concernant ce travail pédagogique mené auprès de publics souvent éloignés de l’info. Travail qui a, selon nous, au moins autant d’importance que la production d’articles.

Nous avons enfin ouvert un espace « abonnés » avec des articles en accès payant, pour vous inciter à soutenir directement le travail des journalistes. L’ensemble repose sur un équilibre délicat qui n’a souffert aucun compromis en dix ans.

10 ans que Rue89Lyon entretient des échanges (riches et parfois étonnants) avec ses lecteurs et lectrices. ©Rue89Lyon

Soutenez votre presse locale

Finalement, nous ne dépendons que d’une chose : les fondements du journalisme moderne. Faire un travail de base, essentiel, qui est de se rendre sur “le terrain” (Lyon, sa banlieue, les communes de la métropole et du département du Rhône), de rencontrer, de constater, de vérifier les faits et les dires qui nous sont éventuellement rapportés. Et avoir ainsi la vaste ambition de témoigner de notre temps, avec une méthode simple, sur un territoire donné.

Nous utilisons toutes les pratiques et les outils à notre disposition (data-analyse et visualisation, podcast, vidéo, photographie) pour fournir de quoi exercer votre esprit critique, questionner votre quotidien et exercer vos rôles de citoyen·nes. Nous réservons notre temps à produire un journalisme d’impact pour les habitant·es de Lyon, de sa métropole et du Rhône.

Tous nos articles sont rédigés par des professionnels ou des personnes en formation, encadrées ; l’origine des éventuels apports extérieurs, provenant de confrères, est systématiquement mentionnée.

Il semble important, alors que 10 ans ont passé depuis le lancement de votre site d’info, de vous rappeler qu’il a besoin de vous pour exister, pour continuer à produire l’enquête locale que vous nous réclamez chaque jour. Vos commentaires sont d’ailleurs parfois virulents ; ils démontrent cette nécessité à lire de la bonne information.

Vous jouerez un rôle dans la poursuite et le développement de ce projet éditorial, en permettant l’embauche de journalistes. Accédez à votre droit d’être bien informé, réclamez une presse locale de qualité,
 

 

 

samedi 5 février 2022

SORTIE DE MÉDIACRITIQUES N°41 : " MÉDIAS ET EXTRÊME-DROITE"

Médias et extrême droite : la grande banalisation. Le Médiacritiques n°41 sortira mardi de l’imprimerie. À commander dès maintenant sur notre site ou à retrouver en librairie. Et surtout, abonnez-vous !

 


 

L’expansion de l’empire Bolloré et la médiatisation hors norme du candidat Éric Zemmour ont sorti quelques commentateurs de leur torpeur. Interrogé par Libération (15 nov. 2021), l’historien des médias préféré des médias, Alexis Lévrier, analyse le « phénomène Zemmour » : « S’il a d’abord mené la carrière assez traditionnelle d’un journaliste politique, il a largement bénéficié, au cours de la dernière décennie, du retour au premier plan d’une presse obsédée par la désignation d’ennemis de l’intérieur », avant de pointer les médias en question : « Valeurs actuelles, L’Incorrect ou Boulevard Voltaire ». Sans nul doute. Mais où et comment s’est opérée la légitimation d’une telle presse ? Et surtout, quid du rôle d’autres médias dans la banalisation de l’extrême droite, et de Zemmour en particulier ? Bien sûr, à l’instar de nombreux commentateurs, Alexis Lévrier ne manque pas d’épingler Vincent Bolloré. À juste titre, tous dénoncent CNews et C8, vitrines et marchepieds de l’extrême droite.

Mais tous s’arrêtent là. L’affaire semble pourtant un peu plus compliquée… Car si Bolloré ou Valeurs actuelles sont d’intentionnels promoteurs de l’extrême droite, ils ne sauraient cacher la forêt des médias plus « installés » et de grande audience, dont le fonctionnement ordinaire et les logiques structurelles contribuent à la banalisation et à la légitimation de ces options idéologiques et de leurs représentants politiques.

Aussi faut-il urgemment prendre le contre-pied de ceux qui expliquent doctement que les soixante-quinze dernières années (depuis 1945) ont constitué une parenthèse au cours de laquelle l’extrême droite médiatique aurait été reléguée aux marges. Ou celui des commentateurs en vogue, laissant croire qu’une ligne éditoriale comme celle d’Europe 1 constituait un rempart à l’extrême droite et un modèle de pluralisme avant sa reprise en main brutale par Bolloré.

Hier « barrage », aujourd’hui « passerelle » ? À cette fable de « l’éclosion » soudaine, nous préférons les explications sur le temps long, comme celles qui s’attachent à observer les conditions objectives ayant permis l’enracinement de la pensée d’extrême droite et l’omniprésence de ses obsessions dans les médias.

Autant de questions qui préoccupent Acrimed de longue date. En 2014, le quatorzième numéro de Médiacritiques leur était consacré. Huit ans plus tard, les constats s’aggravent… La couverture de la campagne présidentielle n’y est pas pour rien : à la fois indigente du point de vue de l’information et de l’animation du débat démocratique, et inconséquente au regard des « effets de loupe » qu’elle exerce : une polarisation de l’agenda autour de Zemmour, du RN, de la droite réactionnaire, et de l’ensemble des thématiques qui leur sont chères.

Un climat plus que délétère, que nous comptons dénoncer sans relâche : le 12 février 2022 à Paris, notre association s’associe à VISA (Vigilance et initiatives syndicales antifascistes) pour une grande journée publique d’information et de débats autour des liaisons dangereuses entre médias et extrême droite. L’occasion de rassembler, aux côtés de nos deux organisations, des chercheuses et chercheurs (sociologie, histoire), des collectifs, des journalistes et des syndicats de journalistes. Et de rappeler l’inanité des appels rituels au « barrage », professés solennellement par les médias lors des entre-deux-tours pour mieux être noyés, les cinq années suivantes, dans un journalisme dominant et un système médiatique balisant structurellement la route de l’extrême droite.

 

  

Et surtout... abonnez-vous !

Ce numéro ne sera pas plus diffusé en kiosques que les précédents. Vous pourrez cependant le trouver dans quelques rares – mais d’autant plus précieuses – librairies listées ici, ainsi que sur notre boutique en ligne.

Et surtout, abonnez-vous ! Pour cela, rendez-vous sur notre boutique en ligne, ou remplissez le bulletin pdf en pièce jointe et renvoyez-nous le avec un chèque. Vous pouvez également nous soutenir en adhérant à l’association ou en faisant un don.

Tous les anciens Médiacritiques sont en accès libre ici.

 

A LYON, VOUS POUVEZ TROUVER MÉDIACRITIQUES EN VENTE DANS LES LIBRAIRIES SUIVANTES :

Le Bal des Ardents
17 rue Neuve 69001 Lyon

La Gryffe
5 rue Sébastien-Gryfe 69007 Lyon

Terre des Livres
86 rue de Marseille 69007 Lyon

mardi 4 janvier 2022

LES VOEUX D'ACRIMED 69

 

L'ANTENNE LYONNAISE D'ACRIMED VOUS SOUHAITE UNE BELLE ET HEUREUSE ANNÉE 2022 !

Et n'oubliez-pas : 

Acrimed est une association qui tient à son indépendance. Nous ne recourons ni à la publicité ni aux subventions. Vous pouvez nous soutenir en faisant un don ou en adhérant à l’association. 

Pour faire un don, c'est ici :  https://boutique.acrimed.org/don

Pour adhérer à l'association, c'est là : https://boutique.acrimed.org/adhesion-abonnement

 


 

                    


dimanche 19 décembre 2021

APPEL À DONS : 40 000 EUROS POUR PRÉPARER 2022 !

 

Depuis 1996, Acrimed fait vivre une critique des médias radicale (parce qu’elle prend les choses à la racine) et intransigeante (parce qu’elle ne se laisse pas intimider).

Totalement indépendante, notre association ne vit que grâce aux adhésions, dons et abonnements à la revue Médiacritiques. Ni « argent magique », ni « pognon de dingue », ni millions d’aides à la presse... C’est pourquoi nous faisons (encore) appel à vous pour continuer !

Depuis la publication de notre appel à dons le 26 novembre, 15 000 € ont été récoltés. Un grand merci à toutes celles et tous ceux qui ont contribué ! Il nous manque encore 25 000 € pour atteindre l’objectif...

En 2021 encore, une grande partie de nos activités associatives est entravée par le contexte sanitaire et social. Mais ce ne sont pas les sujets qui manquent : la concentration des médias s’accélère, et la prédation de Bolloré en particulier ; la misère du journalisme politique bat son plein et la banalisation de l’extrême droite fait rage… pour ne citer que deux exemples.

La tâche est immense et nous essayons de l’accomplir dans la mesure de nos moyens, entre continuité (les articles sur le site, la revue Médiacritiques) et nouveautés : une émission de radio régulière en partenariat avec radio Cause commune, un livre (Les Médias contre la rue. 25 ans de démobilisation sociale, aux éditions Adespote) – en attendant d’autres choses en gestation…

En 2022, nous comptons poursuivre notre activité de critique indépendante... en accès libre et gratuit ! Et reprendre, réellement, nos actions, événements, réunions publiques, etc.

C’est pourquoi nous faisons appel à vous en cette fin d’année, pour nous permettre de boucler notre budget 2021 et de commencer 2022 dans les meilleures conditions !

Vous souhaitez soutenir Acrimed ?

Vous pouvez faire un don ou adhérer à l'association !

            


 Nous vous rappelons que les dons et les adhésions réalisés avant le 31 décembre ouvrent droit à réduction d’impôt pour votre déclaration 2022.

Nous vous invitons à visiter notre boutique, où vous pourrez régler par carte bancaire, virement, Paypal, chèque ou prélèvement automatique. Vous pouvez aussi utiliser le bulletin pdf :

https://www.acrimed.org/IMG/pdf/bulletin_adhesion_don_abonnement-4.pdf

Un grand merci à vous, et vive la critique des médias !


L’équipe d’Acrimed

 
Acrimed est une association qui tient à son indépendance. Nous ne recourons ni à la publicité ni aux subventions. Vous pouvez nous soutenir en faisant un don ou en adhérant à l’association.

samedi 13 novembre 2021

VOIR : LES ÉCRANS DU DOC 2021

LES ÉCRANS DU DOC 2021

 Dans le cadre du festival du film documentaire « Les Ecrans du Doc » au CinéToboggan de Décines du 19 au 28 novembre, les Amis du Monde Diplomatique de Lyon proposent trois projections /débats :

 

  • le 21 novembre à 18 heures, projection du film de Gilles Perret et François Ruffin Debout les femmes ! suivie d’un débat avec Gilles Perret.
  • le 22 novembre à 20 heures, projection du film de Jean-Gabriel Périot Retour à Reims.
    Avant première + rencontre sur l’histoire du monde ouvrier animée par les Amis du Monde Diplomatique.
  • et le mardi 23 novembre à 20 heures, projection du film Un peuple. Avant-première + rencontre avec le réalisateur Emmanuel Gras, organisée avec le partenariat
    des Amis du Monde Diplomatique.

 


 

Le programme complet est à retrouver ici : https://letoboggan.com/cinema/festival_les_eacute_crans_du_doc_2021-2506/

Les Amis du Monde Diplomatique de Lyon : https://www.amis.monde-diplomatique.fr/-Lyon-.html

jeudi 4 novembre 2021

AIDEZ GILLES BALBASTRE, LE RÉALISATEUR DES "NOUVEAUX CHIENS DE GARDE", À FINANCER LE DOCUMENTAIRE "CEUX QUI TIENNENT LA LAISSE"

APPEL AUX DONS

Tout ne passe pas librement et démocratiquement au cinéma ! Car pour qu’un film existe, il faut des dizaines de professionnel-les, des centaines d’heures de travail, des salaires donc (sous le régime de la convention collective du cinéma), du matériel. Et donc de l’argent, pas mal d’argent.

🤨 Certains obtiennent cet argent facilement grâce à des producteurs milliardaires comme Jérôme Seydoux ou Marc Ladreit de Lacharrière ;
😅 D’autres l’ont grâce aux aides institutionnelles (CNC, fonds régionaux) ;
😡 D’autre n’ont rien comme Pierre Carles, François Ruffin ou Gilles Balbastre car trop corrosifs.

C’est donc grâce à vous que des documentaires peuvent accéder aux salles de cinéma, que "Ceux qui tiennent la laisse" sortira sur les écrans fin 2022.

Nous lançons ce financement participatif pour pouvoir terminer notre film. Un dernier effort et la liberté culturelle sera une fois de plus réalisée… En attendant que la vraie démocratie soit enfin conquise...
 

 
Depuis bientôt trois ans, nous travaillons sur un projet de documentaire cinéma portant sur le pouvoir et l’argent : Ceux qui tiennent la laisse.

Après le succès du documentaire Les nouveaux chiens de garde, sorti en salles de cinéma 2012, il fallait pour approfondir l’analyse prendre le problème par l’autre bout du fil.

  • Comment ceux qui ont cadenassé les médias et dressé les journalistes comme des toutous ont-ils assujetti l’État et promu l’entreprise au rang de divinité ?
  • Comment ceux qui tiennent la laisse ont-ils confisqué tous les pouvoirs au bénéfice d’une poignée de fortunes privées et au détriment des salariés – actifs ou inactifs –, pourtant seuls véritables producteurs de richesses ?
    À raison, vous pourriez rétorquer que ces questions sont vieilles comme le capitalisme. Peut-être. Mais le détournement de fonds atteint désormais des sommets inégalés. La troisième révolution industrielle, celle du numérique, se conjugue parfaitement avec le libéralisme, financiarise tout ce qui bouge et n’hésite pas à saccager ce qui reste de la planète. La rapacité de Facebook en est un des plus sinistres exemples.

Et l’avidité de Ceux qui tiennent la laisse ne connaît plus aucune limite. Le capital est attiré aujourd’hui par un nouvel eldorado, le secteur de la e-santé, autrement dit la santé numérisée : télémédecine, santé mobile, stockage des données de santé, biocapteurs, consultations en ligne, etc. Alors que les soignants ont démontré durant des mois la place essentielle du service public de la santé pour faire face à la pandémie du Covid-19, le capital a sonné sa fin. La technologie à la place de l’être humain, les profits augmentés, il n’est plus question de lâcher un tel trésor et charge à Macron et à son gouvernement de terminer le dépeçage de ce service public.

La période que nous venons de vivre et dans laquelle nous nous trouvons encore, témoigne plus que jamais de la nécessité de réaliser un documentaire sur les mécanismes permettant à ceux qui font main basse sur le moindre kopeck de tenir en laisse la démocratie économique, sociale et politique. Milliardaires, grands patrons, élites politiques, hauts-fonctionnaire, chiens de garde médiatiques travaillent de concert à maintenir l’ordre économique et politique actuel, autrement dit le menaçant désordre social et environnemental dans lequel nos sociétés sont plongées. Plus Ceux qui tiennent la laisse captent le pouvoir, engrangent les plus-values, propagent le chaos, plus la majorité d’entre nous nous se voit traitée par cette minorité de « radicaux », de « complotistes », de « populistes ».

Le capitalisme n’a pas besoin de fraudes fiscales, d’organisations secrètes et occultes, de tricheries, de virus meurtriers pour prospérer. Bien sur, il peut tordre de temps à autre le cadre légal, mais ce n’est pas le quotidien de ses activités. Bernard Arnault, Xavier Niel ou Gérard Mulliez sont au top des milliardaires français dans la plus grande transparence démocratique… C’est par le vote, la loi, les décrets, le cadre légal et officiel qu’ils amassent des fortunes considérables. C’est lors d’élections officielles que le hold-up se réalise. C’est par des gouvernements que nous avons crédité que l’opération se réalise tranquillement.

N’attendez donc pas alors des révélations sulfureuses, l’alignement de faits-divers, de scandales dans Ceux qui tiennent la laisse. C’est justement de la transparence démocratique et opaque à la fois dont nous allons parler. C’est l’écran de fumée officiel que nous allons percez. Et n’ayez crainte, vous ne vous ennuierais pas. La façon dont Ceux qui tiennent la laisse gère la démocratie, dont il nous la impose est source d’investigation passionnante et stimulante. Et peut nous éclairer sur la manière de s’organiser pour mettre à mal leur « ordre démocratique » pour imposer le notre, celui de la majorité.

Pour que notre film atteigne un public plus large, nous avons bâti un scénario qui prendra la forme d’une investigation policière, une sorte de polar, mais dont le héros ne sera ni un policier, ni un détective. Nous avons confié notre enquête à une sociologue, entourée de ses étudiants, tous chargés de mettre en évidence la réalité cachée, de percer l’écran de fumée. Des saynètes fictionnelles « chapitreront » ainsi notre film, permettant ainsi de dérouler la narration, épisode par épisode. Le rôle de notre sociologue de choc sera interprété par la comédienne Corinne Masiero, actuelle « héros » de la série Capitaine Marleau diffusée sur France 3. Un autre comédien, Jacques Bonnaffé, interprétant le rôle d’un des papes de la sociologie Max Weber, lui donnera la réplique.

 

Au-delà du tableau descriptif des élites – à l’encadrement plaqué or – que nous allons brosser, nous ne nous priverons pas de parler des contrecoups, d’évoquer la violence des coûts sociaux et humains que quelques-uns ont imposé à tous. Plus les services publics sont pillés, plus les fortunes explosent, plus les dégâts sociaux minent le cadre social, avec son lot de chômage, de précarité, de pauvreté, de violences, de suicides. Nous n’oublierons pas d’évoquer les larmes et le sang qu’un tel système fait couler.

L’heure est donc propice à finaliser et sortir au cinéma notre documentaire. La période électorale de la Présidentielle 2022 est une occasion idéale pour observer comment "Ceux qui tiennent la laisse" réalisent le hold-up de la démocratie !

 

Pour participer au financement du film, c'est ici : https://ceuxquitiennentlalaisse.info/


samedi 30 octobre 2021

TRIBUNE : "OUVREZ LES FENÊTRES, LISEZ LA PRESSE INDÉPENDANTE !"

Nous reproduisons une tribune [1] publiée conjointement par plusieurs dizaines de médias indépendants le 27 octobre.

"Nous sommes des médias indépendants, lus, écoutés, regardés chaque jour par des millions de citoyennes et citoyens. Au-delà de nos différences éditoriales, nous nous retrouvons sur l’essentiel : la passion d’un journalisme libre, honnête, au service de nos publics et à l’écoute de la société.

Une information libre et pluraliste est la condition de la démocratie. Elle est aujourd’hui menacée par un système médiatique dominant qui vient de nous infliger deux mois de « zemmourisation » du débat public et un agenda informatif médiocre, pour ne pas dire plus.

Elle est menacée avec la mise à genoux du journalisme par Vincent Bolloré. L’homme d’affaires a décidé de mettre son immense groupe de presse au service d’un polémiste xénophobe et misogyne, condamné à deux reprises pour provocation à la haine raciale.

Elle est menacée par une concentration sans précédent des grands médias aux mains d’une petite dizaine de grandes fortunes qui recherchent ainsi protection et influence et, trop souvent, imposent leur agenda idéologique.

Cette information libre et pluraliste est aussi mise en danger par un système d’aides publiques aux médias dénoncé depuis des années comme inefficace et inégalitaire. Pourquoi ? Parce que dix grands groupes en sont les principaux bénéficiaires et cette distorsion de concurrence menace directement le pluralisme.

À la Libération, Hubert-Beuve Méry, fondateur du journal Le Monde, dénonçait la « presse d’industrie », cette presse de l’entre-deux-guerres tenue par des industriels et qui allait sombrer dans la collaboration. « Il y a une chance d’éviter pour l’avenir les pourritures que j’ai vues dans le passé », disait-il alors. « Une société qui supporte d’être distraite par une presse déshonorée court à l’esclavage », écrivait Albert Camus.

Il y a une chance d’éviter l’actuel affaissement du débat public. D’éviter l’engloutissement du journalisme sous les polémiques nauséabondes, les post-vérités, les intérêts politiciens et/ou mercantiles.

Cette chance est la presse indépendante.

Dans leur diversité, ces médias indépendants vous proposent ce que le rouleau compresseur des médias dominants écrase ou minore, ignore ou discrédite. Les questions sociales, de l’égalité femmes-hommes, des mobilisations antiracistes, du travail, les nouvelles luttes et dynamiques qui traversent la société, les enjeux environnementaux, l’urgence climatique, les nouveaux modes de vie.

Dans les régions, ce sont des titres indépendants qui viennent bousculer par leurs enquêtes une presse régionale souvent en situation de monopole et dépendante des pouvoirs locaux. A l’échelle internationale, ils décryptent l’actualité de l’Europe, enquêtent sur ses institutions, éclairent les nouveaux enjeux du monde.

Avec de faibles moyens financiers, cette presse indépendante enquête, raconte, innove, débat. Il est urgent de la soutenir face aux offensives des puissances d’argent. Il faut la soutenir face à l’inaction et au silence inquiétants des pouvoirs publics en réaffirmant que l’information n’est pas une marchandise comme les autres.

Il est urgent, à travers elle, de défendre les droits moraux des journalistes, leurs conditions de travail. Il est urgent de construire un environnement économique propice à ces éditeurs indépendants et à la production d’une information de qualité.

Nos titres vivent aujourd’hui pour l’essentiel, et parfois exclusivement, des contributions, dons ou abonnements de nos lectrices et lecteurs. Ils garantissent notre indépendance.

Mais c’est à la société tout entière que nous adressons cet appel en forme d’alerte. Il y a une alternative à la « mal info » et à certains médias de masse qui propagent les peurs, les haines et fracturent la société.

Soutenez la presse indépendante. Regardez-la, écoutez-la, lisez-la."


Signataires : 6 mois, Alternatives économiques, AlterPresse68, Basta, BondyBlog, Disclose, Factuel Info, Guiti News, Guyaweb, Headline, L’Âge de Faire, L’Averty, La Déferlante, La Revue Dessinée, Le Courrier des Balkans, Le Drenche, Le Fonds pour une Presse Libre, Le Mouais, La Mule du Pape, Le Petit ZPL, Le Poing, Le Poulpe, Le Ravi, Les Autres Possibles, Les Jours, Les Surligneurs, Marsactu, Mediacités, Mediapart, Natura Sciences, Novastan, Orient XXI, Pays Revue, Politis, Radio Parleur, Reflets Info, Regards, Revue 90°, Revue XXI, Rue89Bordeaux, Rue89Strasbourg, Splann !, StreetPress, Topo, Vert, Voxeurop, Bien Urbains, Blast, CQFD, Dièses, Femmes ici et ailleurs, France Maghreb 2, Frustration magasine, Grand Format, L’Arrière-Cour, La Clé des Ondes, La Disparition, La Lettre de l’audiovisuel, La Topette, Le Courrier d’Europe centrale, Le Media TV, Le Peuple breton, Le Zéphyr, Lokko, Mr Mondialisation, Paris Lights Up, Podcastine.fr, Rapports de Force, Revue Far Ouest, Rue89Lyon, Sept.info.

 

samedi 23 octobre 2021

SORTIE DE "MÉDIACRITIQUES" N°40 : LES MÉDIAS ET LE TRAVAIL

 

Médiacritiques a dix ans ! Le n°40 de notre revue trimestrielle sortira de l’imprimerie le 27 octobre. Avec un dossier spécial sur les médias et le travail, des rubriques inédites et les dessins de Colloghan. À commander dès maintenant sur notre boutique en ligne, ou à retrouver en librairie. Et surtout, abonnez-vous !

 



« Nous avions rêvé depuis longtemps – et vous aussi peut-être – d’un magazine imprimé – et régulier – d’Acrimed. Ce sera Médiacritique(s), un magazine trimestriel et coloré de 32 pages. » Quand, en octobre 2011, nous avions publié l’avis de naissance de notre magazine, nous étions loin de nous douter qu’un beau jour vous tiendriez entre vos mains réjouies son quarantième numéro ! Depuis, au gré des idées et des bonnes volontés, la revue, qui se présente depuis octobre 2019 sous les atours chatoyants d’une nouvelle maquette, s’est enrichie de nouvelles rubriques : « Maux médiatiques », « Loquace et local », « En roue libre », « Des lectures »… Elle s’est aussi étoffée, pour atteindre 48 pages. Elle a gardé son rythme de parution trimestriel, mais elle a surtout gardé son âme, ses objectifs et sa raison d’être : contribuer à diffuser nos analyses, nos critiques et nos propositions, et alimenter le débat sur la question médiatique.

La fin d’année s’annonce en effet faste et festive pour Acrimed. Si le magazine célèbre ses dix ans, l’association fête quant à elle ses vingt-cinq ans d’existence ! Qui dit fête dit cadeau, et nous en avons un, de taille : le 12 novembre prochain sortira en effet un nouveau livre d’Acrimed, aux éditions Adespote, Les Médias contre la rue, 25 ans de démobilisation sociale. Un livre à la fois lourd (250 pages) et léger, qui témoigne du chemin parcouru et des travaux accomplis sur notre terrain d’observation « favori » : la maltraitance médiatique des mouvements sociaux. Un cadeau à 18 euros, à offrir, à s’offrir, sans modération !

Parallèlement, notre association s’est déployée sur les ondes. En juillet est née une émission de radio mensuelle, hébergée par Cause Commune (93.1 en Île-de-France, en ligne partout ailleurs), dont les contenus sont également à retrouver sur la plateforme de podcasts critiques « Spectre ».

Nous continuons bien évidemment de mener le combat dans les manifestations, en organisant des événements publics, et en alimentant le site avec des articles réguliers : pas question de baisser la garde, en particulier en cette année d’élection présidentielle… Polarisés par un agenda toujours plus (extrême) droitier, banalisant les idées fascisantes d’Éric Zemmour, abordant la campagne présidentielle comme une course de chevaux où l’on parie sur des tuyaux crevés fournis à jet continu par les sondeurs, les grands médias piétinent chaque jour un peu plus leur mission d’information. Face à ce rouleau compresseur, nous comptons sur vous pour poursuivre et mener à bien nos activités : n’hésitez pas à faire un don ou à adhérer à l’association !

Dans ce numéro un peu spécial, vous n’en trouverez pas moins votre dossier habituel, cette fois consacré au traitement du travail et des travailleurs. Une question qui, c’est le moins qu’on puisse dire, ne fait pas la Une des grands médias, et qui, quand elle est traitée, l’est souvent très mal : journalisme de classe, poids de la doxa libérale et mépris du pluralisme, culte de la « valeur travail », fait-diversification de l’information, invisibilisation des classes populaires et des métiers qu’elles exercent, suivisme à l’égard du pouvoir politique et des politiques patronales, etc. Autrement dit, une loupe grossissante des tendances médiatiques dominantes...

 


ET SURTOUT... ABONNEZ-VOUS !


Ce numéro ne sera pas plus diffusé en kiosques que les précédents. Vous pourrez cependant le trouver dans quelques rares – mais d’autant plus précieuses – librairies listées plus bas, ainsi que sur notre boutique en ligne.

Et surtout, abonnez-vous ! Pour cela, rendez-vous sur notre boutique en ligne, ou remplissez le bulletin en pdf et renvoyez-nous le avec un chèque. Vous pouvez également nous soutenir en adhérant à l’association ou en faisant un don.

A Lyon, vous pouvez trouver Médiacritiques en vente dans les librairies suivantes :

 69 (Rhône)
Le Bal des Ardents
17 rue Neuve 69001 Lyon

La Gryffe
5 rue Sébastien-Gryfe 69007 Lyon

Terre des Livres
86 rue de Marseille 69007 Lyon