jeudi 26 mars 2020

LIRE : PENDANT LA CRISE, PAS DE CONFINEMENT POUR LA CRITIQUE DES MÉDIAS !



NOUS RELAYONS ICI UN ARTICLE DU SITE 
NATIONAL D'ACRIMED EN DATE DU 24 MARS

"QUELQUES PISTES DE RÉFLEXION SUR NOTRE ACTIVITÉ DANS LA PÉRIODE DE CRISE ACTUELLE"

La crise du Covid-19 a d’ores et déjà des conséquences majeures. Elle a conduit à l’adoption de mesures sans précédent, à commencer par le confinement de la population, qui impacte tous les secteurs de la société… y compris Acrimed.

De toute évidence, notre travail n’est pas facilité par cette situation inédite puisque, comme toutes et tous, nous subissons les conséquences sociales, intimes, physiques et psychologiques du confinement ou de la maladie. Nous ne serons donc pas en mesure de documenter la période actuelle avec la même intensité que d’habitude.

Mais ce constat en appelle immédiatement un second : nous ne comptons pas pour autant mettre la critique en veilleuse ! Car la période, malgré ce que peuvent laisser entendre les discours emphatiques sur « l’union nationale », s’y prête tout particulièrement : critique de l’action du gouvernement qui, à bien des égards, exacerbe les inégalités existantes (mais ce n’est pas l’objet de notre association) ; et surtout, la critique des médias.



L’information a un rôle essentiel dans la période actuelle. C’est pourquoi l’information comme bien public de qualité doit être une exigence démocratique majeure. Il va sans dire que le travail journalistique, en particulier le travail de terrain, d’enquête ou de reportage, n’est pas une tâche facile, aujourd’hui moins que jamais ; nul doute que les plus précaires de la profession seront largement impactés, de même que le secteur de la presse imprimée, déjà fragilisé avant la crise.
Mis à part de nécessaires réorganisations (notamment pour des exigences sanitaires pratiques évidentes) la crise n’a pas, pour l’instant, provoqué de changements majeurs dans le fonctionnement des grands médias : sur les chaînes d’information comme ailleurs, le journalisme dominant est toujours à l’œuvre, et avec lui ses travers et mécanismes bien connus.

Bref, la critique des médias a plus que jamais sa place dans la situation actuelle. Et nous comptons bien nous y atteler ! Voici dès à présent quelques pistes (non exhaustives) que nous approfondirons pour une « critique des médias par temps de Covid-19 .

 - Crise sanitaire et information en direct

Le suivi « en temps réel » de la progression d’une pandémie (notamment via les chaînes d’information en continu) est un phénomène inédit en France. On assiste à une profusion de sujets, « notable quantité d’importance nulle », face à la nécessité permanente de renouveler les angles, et de faire « du neuf » (selon le mécanisme traditionnel du remplissage). On pense également à la multiplication de « reportages » en direct de rues ou de places vides, qui « font vivre » et entretiennent une information « en temps réel », autant qu’ils fournissent aux médias les images télégéniques voire spectaculaires dont ils raffolent. Si ces reportages informent de facto sur le confinement, la surface médiatique qui leur est accordée interroge, sur un temps plus long, quant aux hiérarchies éditoriales.
Mais le traitement médiatique de la crise sanitaire pose une autre question : celle de la discordance entre le temps du savoir scientifique et le temps de l’information en continu. Une question qui se pose également à d’autres moments, lors d’attentats par exemple : le ballet des « experts » et des hypothèses hâtives, en particulier sur les chaînes d’information en continu, impliquent inévitablement la diffusion de faux pronostics et de fausses informations, par la suite rectifiés… ou non. Le tout… en continu.

- Les « experts » médiatiques

Si les éditocrates et commentateurs traditionnels sont toujours en première ligne, la crise sanitaire fait (ré)émerger sur le devant de la scène médiatique deux catégories particulières : les experts « santé » et les experts « économie ». Concernant les premiers : au-delà des imposteurs et « médecins de la télé » – dont Michel Cymès est un cas exemplaire – de très nombreux médecins, aux pedigrees très divers, se sont rendus sur les plateaux. Certains relativisant l’ampleur du risque, d’autres, au contraire, beaucoup plus préoccupés par la situation. Une conséquence : la diffusion, au fil des jours (voire des heures !) de messages contradictoires (sur la durée de l’épidémie, la nécessité du port de masques, le temps de conservation du virus sur une surface, l’efficacité des tests de dépistage, et cætera) qui ne peuvent générer dans l’esprit du public profane que la plus grande confusion.
C’est notamment dans de telles situations que l’on regrette l’absence ou la rareté d’un journalisme scientifique compétent dont le rôle consiste précisément à trier, encadrer et commenter les discours d’« experts » plus ou moins éclairés, à faire le pont entre eux et le public. Informer le public ne relève pas d’un travail d’expert, mais de journaliste. Comme en économie, la parole des « experts » médicaux est par ailleurs rarement replacée dans son contexte, ce qui serait pourtant nécessaire compte tenu du fait que : 1) les connaissances sont partielles puisque les recherches autour du virus sont loin d’être achevées ; 2) les avis sur la pandémie et les moyens de lui faire face peuvent différer dans les milieux les plus spécialisés ; 3) tout « professionnel de santé » qu’il soit, un médecin n’est pas nécessairement spécialiste du covid-19, et des disciplines spécifiques existent dans le champ scientifique (et médical) lui-même (épidémiologie, virologie, infectiologie, etc.).

- La défiance à l’égard des médias

En cette période de crise sanitaire, les médias dominants ont un rôle à jouer en termes de diffusion des consignes. Un rôle qu’ils assument dans un contexte de défiance (souvent légitime) de la part de pans importants de la population, défiance exprimée de longue date, bien avant le début de la crise. Dans de tels moments, le rapport des citoyens à la parole publique et aux médias pose donc question. Des questionnements réflexifs sur l’information sont nécessaires, en particulier si les mécanismes conduisant à mal informer (voire à désinformer) persistent… Or, certains médias n’en prennent pas le chemin : s’ils ne manquent pas de montrer du doigt (parfois avec pertinence) les « fake news » qui circulent sur les réseaux sociaux, ou de s’insurger contre « l’irresponsabilité » d’une partie de la population, ils oublient, comme de coutume, de faire leur autocritique : dans la propagation de fausses nouvelles, comme dans la diffusion de messages contradictoires.
Parce que les frontières entre médias traditionnels et réseaux sociaux ne sont pas toutes si étanches, il est légitime de questionner le pouvoir d’arbitrage que se confèrent les premiers, sans tomber – et c’est très important ! – dans le relativisime ou dans la « critique » du « tous les médias mentent »... En d’autres termes, il faut que la critique porte la même exigence que l’information : documentée, argumentée et de qualité !

- L’information par temps « d’union nationale » ?

Sous prétexte « d’union nationale », il est d’usage pour les gouvernements d’appeler à suspendre toute critique. Les périodes de crise (voire de « guerre » – si l’on en croit Emmanuel Macron...) sont propices à des mesures de censures et des réflexes d’autocensure journalistique (« toute information est-elle bonne à diffuser en tout temps ») ? L’ « union nationale » justifierait-elle, en temps de crise plus qu’en temps ordinaires, un suivisme gouvernemental des grands médias ? L’État devient-il alors, au nom de la sécurité sanitaire, le seul maître de l’information dont les médias doivent se faire les relais dociles ? Il est permis d’en douter. La liberté d’informer et le droit à l’information doivent donc être plus que jamais défendus ! Car des pressions sont possibles, qu’elles émanent du pouvoir politique, économique… ou des chefferies éditoriales elles-mêmes. Aussi notre critique doit-elle rester vigilante face aux velléités de contrôle de l’information, et à leur éventuel renforcement dans la période actuelle.

- Crise sanitaire et information sociale

On le sait : en temps normal, l’information sociale est le parent pauvre de l’agenda médiatique. Or, la question du travail devrait, dans la crise actuelle, faire l’objet d’une attention toute particulière tant les bouleversements sont nombreux : conditions de travail des personnels soignants au-delà de l’éloge télévisé de leur magnifique dévouement, conditions d’exercice du télétravail et ses conséquences, sommations du gouvernement exigeant que de nombreux salariés aillent travailler au moment même où il impose à l’ensemble de la population de rester chez soi, remises en question des droits des travailleurs (droit de retrait, droit de grève, congés payés, etc.). Quelle place et quel traitement les grands médias réservent-ils à ces informations ? Notre critique scrutera tout particulièrement les prismes et biais habituels dans le traitement de l’information sociale. Sans oublier les enjeux des conditions de travail des journalistes et des autres personnels des médias, de leur protection dans les entreprises, mais aussi de leur liberté de circulation. Sans oublier non plus les pigistes et les précaires, qui ne sauraient être utilisés, dans la période actuelle, comme des variables d’ajustement !

- Crise sanitaire et journalisme de préfecture

Pendant la crise, le journalisme de préfecture sévit toujours dans les grands médias. Deux tendances sont déjà particulièrement visibles : d’une part, les reportages aux relents sécuritaires et spectaculaires, sujets « embarqués » auprès des policiers patrouillant dans les rues, décompte des amendes, suivisme vis-à-vis de la communication de la préfecture, co-construction de récits autoritaires, etc. D’autre part, une sous-médiatisation des violences policières commises notamment dans les quartiers populaires, alors que de multiples vidéos et témoignages circulent déjà sur les réseaux sociaux.

- Crise sanitaire et journalisme magazine

Pour le meilleur et pour le pire, la crise actuelle fait le bonheur du « journalisme magazine ». Bien au-delà des rubriques ou des émissions qui l’hébergent traditionnellement, ce journalisme se développe dans les bulletins d’info, chroniques, tribunes, revendiquant le partage de conseils en tout genre, et de récits de « vie de confinement ». Dans quelle mesure ces formats ne se contentent-ils pas de reproduire le prisme de classe souvent à l’œuvre dans le journalisme culturel en général et dans les pages « lifestyle » en particulier ? Les journalistes songent-ils parfois à se départir des biais qui les conduisent traditionnellement (sinon exclusivement) à donner à voir la vie, les préoccupations et les questionnements de leur propre milieu social (CSP+) ?
Ces quelques aperçus ne relèvent pas tous à proprement parler de la critique des médias. Ils proposent quelques données de cadrage pour aborder cette critique avec des moyens appropriés. Et nous donnent l’occasion d’adresser à nos lectrices et lecteurs tous nos encouragements face à cette période difficile que nous devons toutes et tous affronter.

La rédaction d’Acrimed

lundi 23 mars 2020

CRISE DU CORONAVIRUS : APATHIE EN ROUE LIBRE

A lire sur le site d'ACRIMED : 

"Crise du coronavirus : Apathie en roue libre" par Jean Pérès et Frédéric Lemaire

"Pas de confinement médiatique pour les éditocrates : en période de crise sanitaire, ces derniers continuent d’asséner, sur les chaînes d’info et autres médias, leurs partis pris péremptoires. Problème : la situation évoluant très rapidement, les certitudes du jour sont parfois périmées dès le lendemain… Qu’à cela ne tienne : c’est un des privilèges de la profession que de pouvoir se contredire avec aplomb, sans faire d’autocritique – et sans que jamais soit remis en cause leur magistère. Ces derniers jours et semaines, le cas de Jean-Michel Aphatie l’illustre parfaitement."




La suite est ici :  https://www.acrimed.org/Crise-du-coronavirus-Aphatie-en-roue-libre

jeudi 5 mars 2020

VOIR : LE MOUVEMENT SOCIAL FACE AUX MÉDIAS : LE PROCÈS DE LA PRESSE POUR LES 110 ANS DE "LA VIE OUVRIÈRE"


Pour ses 110 ans, "La Vie ouvrière" a organisé une parodie de procès des médias. 

Pour leur traitement de l'actualité sociale, pour leur traitement des syndicats et de leurs positions, la CGT en première ligne… 

Avec des sociologues des médias, des formateurs en école de journalisme, des journalistes, des fondateurs de médias, des militants de la critique des médias, des historiens, des syndicalistes, des journalistes syndicalistes !




L'intégralité du "procès des médias" est à voir sur le lien : 
https://www.youtube.com/watch?v=rXx_Z3QuMpo

lundi 2 mars 2020

LIRE : "AFFAIRE CARLOS GHOSN : LE JOURNALISME SE FAIT LA MALLE"

Un nouvel article signé Vincent Bollenot, de l'antenne lyonnaise d'Acrimed !

"AFFAIRE CARLOS GHOSN :  LE JOURNALISME SE FAIT LA MALLE"

"Nul n’a pu passer à côté : fin décembre 2019, l’un des plus grands des grands patrons du monde, Carlos Ghosn, a quitté clandestinement le Japon, où il était inculpé pour détournement des fonds de l’entreprise Renaud-Nissan-Mitsubishi. Une évasion à grands renforts de millions et… de mise en scène médiatique, exceptionnelle par son ampleur, quoique traditionnelle dans ses mécanismes. Sensationnalisme et complaisance ont en effet constitué les deux jambes d’une couverture largement tirée du côté du multimillionnaire. Retour sur six semaines d’un de ces « feuilletons » typiquement chéris par des rédactions en mal(le) d’aventures"





La suite de l'article est à retrouver ici : https://www.acrimed.org/Affaire-Carlos-Ghosn-le-journalisme-se-fait-la
 


dimanche 1 mars 2020

AGENDA DE MARS

Des lieux associatifs et culturels lyonnais soutiennent régulièrement l'antenne d'Acrimed 69 en accueillant ses activités dans leurs locaux (MJC, librairie, cafés coopératives, cinémas de proximité, maison d'édition indépendante).
Nous relayons avec plaisir dans cet agenda plusieurs des évènements qu'ils organisent.

MARS

Mercredi 11/03

[ CONFÉRENCE- KEMPF]

IEP de Lyon, Amphithéâtre Lucie et Raymond Aubrac à 18h.

Ennemis d'État : les "lois scélérates", des anarchistes aux terroristes"

Une conférence de Raphaël Kempf, avocat au barreau de Paris. 

Raphaël Kempf, avocat au Barreau de Paris, est invité à venir parler de son livre "Ennemis d'Etat: Les lois scélérates, des anarchistes aux terroristes", publié en septembre 2019. Il y dresse un parallèle, fondé sur une analyse juridique, entre les mesures juridiques et judiciaires appliquées aujourd'hui en France et celles créées à la fin du 19e siècle, à l'occasion de la promulgation des lois dites « scélérates ».
 Infos pratiques : IEP de Lyon,  14 avenue Berthelot, 69365 Lyon Cedex 07 / tel : 04.37. 28.38.00 / Accès : Tramway T2 - arrêt Centre Berthelot ; Tramway T1 - arrêt Quai Claude Bernard; Métro B - station Jean Macé ; Métro A - station Perrache

Mercredi 18/03

[ ATELIER - MEDIAS]

Médiathèque de Villefranche-sur-Saône à  14h
Dans le cadre du Festival de conférences gesticulées 2020

Atelier théâtre forum sur la critique des médias avec Philippe Merlant.
Philippe Merlant échangera avec le public à partir de ce que chacun.e a vécu et vit encore dans sa relation avec les médias. En partant de cette consigne : « Racontez un exemple de désinformation et/ou de maltraitance médiatique dont vous avez été victime ou témoin. » 
  
Infos pratiques : Médiathèque de Villefranche, 79, rue des jardiniers, 69400 Villefranche-sur-Saône / tel : 04.74.65.56.20 / Entrée libre sur réservation sur mediatheque@villefranche.net
Site du festival : www.festiconfslyon.fr


Jeudi 19/03

[ CONFÉRENCE GESTICULÉE - MEDIAS]

Médiathèque de Villefranche-sur-Saône à 18h30
Dans le cadre du Festival de conférences gesticulées 2020

 "Le mystère du journalisme jaune" par Philippe Merlant.

Sur les traces de Joseph Rouletabille, Philippe Merlant nous emmène dans l’histoire du journalisme, dans son propre parcours et dans les coulisses des rédactions. Il part élucider ce très grand et très curieux mystère : "pourquoi les médias sont-ils si souvent du côté du manche, du côté du pouvoir, du côté des puissants ?". Une enquête de l'intérieur, nourrie par quarante ans d'exercice du métier de journaliste. Et une invitation à trouver des pistes pour réconcilier information et démocratie.

Infos pratiques :
Médiathèque de Villefranche, 79, rue des jardiniers, 69400 Villefranche-sur-Saône / tel : 04.74.65.56.20 / Entrée libre sur réservation sur mediatheque@villefranche.net Site du festival : www.festiconfslyon.fr
Entrée libre.

Jeudi 26/03

[CINÉ-DÉBAT - ECONOMIE]

Ciné Toboggan de Décines à 20h00

Projection du film " Le Capital au XXIème siècle" de Justin Pemberton et Thomas Piketty.
La projection sera suivie d'un débat avec Clément Coste, Maître de conférences en économie à Sciences Po Lyon.
La séance sera animée par Catherine Chauvin des Amis du Monde Diplomatique de Lyon.

 
"Le capital au XXIème siècle" est l’adaptation d’un des livres les plus importants de ces dernières années. Pas question pour autant de transformer l’ouvrage de Piketty en film de fiction, ou de réaliser une lecture illustrée du livre. La réalisation est confiée au néo-zélandais Justin Pemberton, spécialisé dans les documentaires et docu-fictions ("The Golden Hour", "The Nuclear Comeback", "Love, Speed & Loss").
En mélangeant références à la pop culture et interventions d’experts parmi les plus influents de notre époque, le film est un voyage à travers l’histoire moderne de nos sociétés. Il met en perspective la richesse et le pouvoir d’un côté, et de l’autre, le progrès social et les inégalités. Une réflexion nécessaire pour comprendre le monde d’aujourd’hui."

Une soirée organisée dans le cadre du Festival "Les écrans du doc"


 Infos pratiques : Le Toboggan, 14 avenue Jean Macé 69150 Décines-Charpieu/ Tel. 04 72 93 30 14 / accès :
Tram T3 : arrêt : Décines centre / Métro A : 25 mn d’Hôtel de Ville-Louis Pradel par le métro ligne A jusqu’à Vaulx-en-Velin La Soie puis tram T3 arrêt : Décines centre.


Vendredi 27/03

[CINÉ-DÉBAT - SOCIAL]

Ciné Toboggan de Décines à 20h00

Projection du film "Nouvelle cordée" de Marie-Monique Robin, en sa présence.
Le film sera suivi d'un débat co-organisé par Les Amis du Monde diplomatique de Lyon dans le cadre du Festival "Les écrans du doc".

 "C’est l’histoire de l’expérimentation « Territoires Zéro Chômeur de Longue Durée », qui a été lancée dans l’agglomération de Mauléon (Deux-Sèvres) en 2015. À l’époque, Pierrick, Anne, Sébastien et les autres vivent dans une grande précarité. « On nous appelait les cassos », dit Philippe. Quatre ans plus tard, ils sont salariés dans la première « entreprise à but d’emploi » de France. Et leur vie a changé. « Une vraie résurrection », dit Sylvie. À leurs côtés depuis le début de cette incroyable aventure humaine et collective, la caméra capte la transformation physique et morale – les corps qui se redressent, les sourires retrouvés, la parole qui se libère – des anciens laissés-pour-compte de l’économie dominante, qui revendiquent aujourd’hui une nouvelle manière de travailler et de vivre ensemble. À l’heure des « gilets jaunes », un film pour montrer qu’il est possible de concilier solutions de fins de mois et de fin du monde."

Bande annonce du film : https://www.youtube.com/watch?v=3utbeVEpcm4

Infos pratiques : Le Toboggan, 14 avenue Jean Macé 69150 Décines-Charpieu/ Tel. 04 72 93 30 14 / accès :
Tram T3 : arrêt : Décines centre / Métro A : 25 mn d’Hôtel de Ville-Louis Pradel par le métro ligne A jusqu’à Vaulx-en-Velin La Soie puis tram T3 arrêt : Décines centre.

lundi 24 février 2020

DES MACRONISTES AGRESSENT DES SYNDICALISTES SUR UN MARCHÉ DE LYON : LREM ET LE "PROGRÈS" RÉÉCRIVENT L'HISTOIRE


Nous relayons ici un article publié sur le site de "Rebellyon" le 21 février 2020.


"Le dimanche 16 février, des activistes LREM tractaient pour les élections municipales au marché quai Victor Augagneur. Six militant·e·s syndicalistes réunis contre la réforme des retraites passent à proximité et commencent à chanter autour d’eux, vite rejoins par les passant·es. Excédés, les activistes de LREM fracassent le téléphone d’une personne les filmant et pousse un badaud sur un stand de miel... Les flics interviennent et recommandent aux syndicalistes de porter plainte ! Quelques heures plus tard, Yann Cucherat, tête de liste LREM pour la mairie de Lyon accuse les syndicalistes d’être des « rouges bruns » ... Propos vite relayés par toute la Macronie locale... et par le Progrès ! Retour sur cette histoire rocambolesque !

Déroulé du 16 février


Le dimanche 16 février, des militant-e-s LREM tractaient pour les élections municipales au marché quai Victor Augagneur.
Nous, six militant-e-s interprofessionnels et intersyndicaux, mais tou-te-s uni-e-s dans un même rejet de la réforme des retraites et plus largement de la politique gouvernementale de casse des services publics et d’un système social solidaire, avons décidé d’aller chanter face aux tracteurs-euses.
Pour nous Gérard Collomb, actuel maire de Lyon, candidat à la métropole, premier soutien d’Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle et ministre de l’intérieur lors de l’affaire Benalla est un symbole du macronisme qu’il décline au niveau local.
De nombreux-ses passant-e-s nous ont apporté leur soutien, certain-e-s ont même chanté avec nous.
Nous avons échangé avec plusieurs d’entre eux-elles. D’autres militant-e-s soutenant d’autres candidat-e-s tractaient également et nous ont salué avec le sourire. L’ambiance était plutôt bon enfant, même si elle ne faisait pas plaisir aux militant-e-s LREM.
Après plus d’une heure de chants, un passant s’est montré vindicatif avec une militante LREM et la tension est montée entre lui et elle, avec des accusations réciproques de contacts physiques.
L’un de nous s’est approché pour séparer les deux protagonistes et apaiser la situation. Un autre camarade a fait mine de filmer avec son téléphone. La militante LREM a saisit son téléphone et l’a lancé à plusieurs mètres, il s’est écrasé au sol, se brisant. La militante LREM , toujours en furie a poussé le passant sur un stand de miel. Le commerçant s’est donc énervé et a demandé aux militant-e-s LREM de partir, nous apportant son soutien.
Ces mêmes militant-e-s LREM qui venant de commettre une agression, ont appelé la police. Lorsque celle-ci est arrivée, elle a indiqué à la marcheuse qu’elle n’avait pas à réagir de la sorte et que nous avions complètement le droit d’être là et de filmer. L’une des policière a même invité le camarade à déposer plainte pour son téléphone, et peu encline à tomber dans la mascarade de la militante LREM, l’a invité à aller faire constater une éventuelle ITT avant de venir déposer plainte...
Suite à cet incident, ne souhaitant pas une escalade des tensions, nous avons quitté le marché. Nous y sommes retourné-e-s une demie-heure plus tard, afin de soutenir le commerçant molesté.

Les suites invraisemblables


Le lendemain, nous avons découvert sur Twitter [1] que des militant-e-s LREM (dont la présidente du SYTRAL et vice-présidente du Grand Lyon) nous accusaient de nous en être « pris physiquement » aux personnes de leur parti qui diffusait des tracts. Certain-e-s allant jusqu’à nous insulter de « rouge-bruns ».
Cette version est ensuite relayée par Le Progrès dans un article lapidaire [2]


Un droit de réponse ignoré


Suite à ces publications invraisemblables, un droit de réponse est rédigé par les militant·es agressé.s par les activistes de LREM et envoyé au Progrès... Pourtant ... Le Progrès ne réagit pas, ne répond pas et ne publie pas le droit de réponse ... Le voici donc :

Nous récusons les allégations pointées par LREM et relayées dans votre article. A aucun moment nous n’avons agressé qui que ce soit. Notre action était pacifique du début à la fin, dans une ambiance bon enfant appréciée des passants. Face à la surdité gouvernementale nous sommes allés nous faire entendre en chanson. C’est bien le téléphone d’un de nos camarades qui a été arraché de ses mains puis jeté au sol par la militante LREM. Celle-ci se trouvait alors dans une altercation avec un passant sans rapport avec notre chorale. En effet, la police est bien venue sur place. En présence des deux parties, elle a confirmé notre droit d’être présents, et a invité notre camarade propriétaire du téléphone à venir au commissariat pour porter plainte. Suite au tweet injurieux de Sacha Benhamou, nous réaffirmons notre combat de tout temps contre le fascisme.
Les militants présents des syndicats CGT, CNT, FO, SNES et SUD.

Les suites


Nous condamnons avec force un nouveau mensonge des LREM, qui nous accusent de les avoir agressé, alors que ce sont eux et elles qui ont sont les auteurs-trices de l’agression.
Nous condamnons les messages calomnieux de la part de personnes qui n’étaient même pas présentes.
Notre action, pacifique du début à la fin, visait à pointer la responsabilité de la macronie, locale comme gouvernementale, dans la casse sociale organisée, à pointer leur surdité et leur mépris face à nos revendications depuis plus de 2 mois : nous sommes donc allés nous faire entendre directement.
Notre couleur est uniquement le rouge de la lutte, et nous continuerons de la porter fièrement partout face au mépris, aux mensonges du gouvernement et de ses relais locaux.
Nous saluons les commerçants du marché quais Augagneur qui ont subi les désagréments liés à la surdité du gouvernement face aux 62% des Français opposés à la réforme des retraites.
Le mouvement social se poursuit, et il occupera les mêmes terrains politiques que le macronisme.

On est là. On sera là.
Des militant-e-s du mouvement social


1. https://twitter.com/FOUZIYABOUZERDA/status/1229024179816685570 
2. https://www.leprogres.fr/edition-lyon-villeurbanne/2020/02/16/campagne-municipale-incident-sur-le-marche-augagneur-a-lyon-entre-une-elue-lrem-et-des-militants-d-extreme-gauche


mercredi 19 février 2020

RENCONTRE AVEC DAVID DUFRESNE LE 27 FÉVRIER À LA LIBRAIRIE "LE BAL DES ARDENTS"


ACRIMED 69 ET LES AMIS DU MONDE DIPLOMATIQUE DE LYON , EN PARTENARIAT AVEC LES ÉDITIONS GRASSET, ONT LE PLAISIR DE VOUS CONVIER LE 27 FÉVRIER À UNE RENCONTRE AVEC LE JOURNALISTE DAVID DUFRESNE, À PROPOS DE SON OUVRAGE "DERNIÈRE SOMMATION"



 



De ce journaliste indépendant, spécialiste des questions de police et de divers ouvrages sur les problèmes de sécurité, on connaît également le travail de recension des témoignages de blessés pendant le mouvement des gilets jaunes qui a contribué à la prise en compte des violences policières dans le débat public.
 

C’est avec grand plaisir, et grâce à la librairie Le bal des ardents, que nous vous convions à venir le rencontrer le jeudi 27 février à 20h00.

Infos pratiques : 

Le bal des ardents : 17 rue neuve, 69001 Lyon / tel : 04 78 98 83 36 / Métro arrêt Hôtel de ville.

La page facebook de la librairie : https://www.facebook.com/Le-Bal-des-ardents-235657986450564/ 

La page facebook des éditions Grasset : https://www.facebook.com/editionsgrasset/

Les AMD de Lyon: https://www.amis.monde-diplomatique.fr/-Lyon-.html

Entrée libre
Attention : il est prudent de se présenter à la librairie avant 20h00 !


A ÉCOUTER : "GRAIN DE SABLE" L'ÉMISSION D'ATTAC RHÔNE AVEC ACRIMED 69


L'émission "Grains de sable" sur Radio Canut à laquelle Sarah et Pascal d'Acrimed 69 ont participé le 13 février.

Une présentation de l'association, de sa conception de la critique des médias avec un coup de projecteur sur le traitement médiatique des "gilets jaunes" et du mouvement social contre le projet de réforme de la retraite.



C'est à écouter ici : https://blogs.radiocanut.org/grainsdesable/



mardi 4 février 2020

LIRE : "DES PETITS RATS" ET DU JOURNALISME SELON ARIANE CHEMIN


Formidable décryptage par l'économiste et philosophe Frédéric Lordon de la pensée journalistique dominante.

"Résumé des épisodes précédents : le 24 décembre, vingt-huit danseuses du corps de ballet de l’Opéra de Paris dansent un extrait du Lac des cygnes sur le parvis de Garnier devant une foule enthousiaste, en expression de leur participation au mouvement de grève contre la loi sur les retraites. Quelques semaines plus tard, dans un article du Monde, ça donne ça :




"Résumons-nous : des artistes du corps de ballet de l’Opéra, engagés dans le mouvement social, événement en soi extraordinaire, choisissent de danser sur le parvis, mais ça ne peut pas suffire, on parlera donc d’autre chose, en l’occurrence de quelqu’un d’autre. Car il est bien entendu que ces pauvres danseuses, si elles savent lever la jambe, ont besoin qu’on leur dise où et comment : elles ont besoin, nous dit Ariane Chemin, d’être « poussées ». Par quel miracle pourraient-elles avoir une idée, et puis « se pousser » toutes seules ? Par quel miracle, plus encore, pourraient-elles avoir la maîtrise du sens politique de leurs actions ? Il fallait donc qu’il leur vînt du dehors — ici entre en scène l’agitateur, donneur de sens et tireur de ficelles. Dans le monde imaginaire du journalisme de têtes, qui ne connaît que les présidents et les premiers ministres, auxquels il s’identifie fantasmatiquement, on cherche toujours à tout prix un équivalent fonctionnel de « tête » en toute occasion et en tout domaine. Et s’il n’y en a pas, qu’à cela ne tienne, on en inventera une – puisqu’il est bien entendu qu’il en faut une, et que le monde n’a jamais marché sans. Misère du journalisme politique dégénéré, à l’intersection du potin et du complotisme-des-coulisses."

  La suite est à lire ici : https://blog.mondediplo.net/des-petits-rats-et-du-journalisme-selon-ariane

dimanche 2 février 2020

SORTIE DE "MÉDIACRITIQUES" N°34

Sortie de Médiacritiques n°34 : Réforme des retraites, violences médiatiques
Le n°34 de Médiacritiques, la revue trimestrielle d’Acrimed, va sortir de l’imprimerie. Un numéro sur la réforme des retraites, et les violences médiatiques infligées aux grévistes, avec des articles et des rubriques, des dessins de Colloghan et la Une de Faujour ! À commander sur notre boutique en ligne ou à retrouver en librairie. Et surtout, si ce n’est pas déjà fait, abonnez-vous !

                         

« Les cheminots et les agents de la RATP rançonnent la France pour la pressurer davantage », s’alarmait Franz-Olivier Giesbert dans le Figaro du 4 décembre… 1995. Vingt-quatre ans plus tard, alors que la grève fait rage contre le projet de réforme des retraites, l’orthodoxie médiatique n’a pas bougé d’un iota. Et l’on dirait même plus : les contre-réformes menées au cours des vingt dernières années ont été autant d’occasions, pour les tenants du système médiatique, d’affûter leurs harangues sur tous les tons et tous les canaux.
Ainsi, depuis le 5 décembre, éditorialistes, rédacteurs en chef et autres éminences médiatiques s’engagent à corps perdu pour défendre ce que l’économiste Élie Cohen dépeint comme «  la mère de toutes les réformes, celle qui devait concilier justice sociale, lisibilité et prévisibilité ». (29 nov.) Le (petit) périmètre du débat est balisé : la réforme est inéluctable, d’ailleurs elle est excellente (p. 3) ; les « galères » d’usagers écrasent la couverture des grèves (p. 41), en particulier dans les JT devenus, au choix, succursales de Bison futé, ou cellules de crise pour entreprises en péril (p. 13) ; les violences médiatiques se multiplient à l’encontre des grévistes en général, et de la CGT en particulier. Si les chaînes d’information en continu se mobilisent (p. 25), les radios privées sont en tête de cortège (p. 31) ; la grande presse, quant à elle, veille au bon déroulé du « dialogue social », et prodigue au prince divers conseils pour que cessent les « blocages » (p. 21), les yeux rivés sur les sondages et « l’essoufflement » tant attendu ! Et qu’importe si les oracles de comptoir sont contredits d’une heure sur l’autre : proportionnelle au niveau d’indigence, l’immunité journalistique permet à la fleur de l’éditocratie de se maintenir en poste (p. 19). De même, cet univers orwellien autorise la libre circulation des mantras les plus mensongers – « les femmes seront les grandes gagnantes », par exemple – au mépris de toute contradiction sérieuse (p. 38).
Obsédé par la « sortie de crise », le journalisme de commentaire voudrait baliser les termes du conflit, agitant certains enjeux comme le retrait de l’âge pivot (dont dépendrait le « dénouement » final) ou la suppression des « régimes spéciaux », jugée légitime et nécessaire (p. 17). Calqués sur l’agenda gouvernemental, ces choix éditoriaux dénotent un suivisme zélé de la part des grands médias qui, dans le cas de France 2, confine à la propagande (p. 9). Mais ils constituent surtout des déformations en chaîne des réalités sociales : les médias sont plus occupés à faire rentrer la mobilisation dans des cases préétablies qu’à la donner à voir dans sa diversité. Ainsi la vie des grévistes et les multiples actions – rivalisant de créativité – qu’ils entreprennent échappent-elles presque intégralement aux radars médiatiques.
C’est bien là la moindre des règles du journalisme dominant : hors des chemins balisés, point de salut ! D’un revers de main, les propositions visant à améliorer le système de retraites actuel sont écartées au prétexte qu’aucune ne serait « réaliste ». Idem pour les actions jugées « illégitimes » ou les démarches syndicales refusant le jeu en trompe-l’oeil de la « concertation ». Au cours de leurs interviews-interrogatoires, les chiens de garde ne cessent de rappeler aux opposants ce périmètre étriqué de la contestation légitime et bienséante.

Bref : cette séquence révèle une nouvelle fois le rôle politique des grands médias en temps de crise. Par leurs partis pris systématiques et leur traitement amputé de l'information, ils se font les promoteurs de la démobilisation sociale et gardiens de l'ordre dominants. Et posent, à ce titre, un problème démocratique majeur.

Ce numéro ne sera pas plus diffusé en kiosques que les précédents. Vous pourrez cependant le trouver dans quelques rares – mais d’autant plus précieuses – librairies.
 Les librairies de Lyon  où trouver Médiacritiques :

Le Bal des Ardents
17 rue Neuve 69001 Lyon

La Gryffe
5 rue Sébastien-Gryfe 69007 Lyon

Terre des Livres
86 rue de Marseille 69007 Lyon

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